Le procès d'Yves Zehr, ancien patron de Coop Alsace, ajourné aux 2 et 3 juillet prochains

Yves Zehr, 65 ans, devait comparaître ce matin pour abus de biens sociaux, blanchiment, faux et usage de faux. Son épouse est prévenue de recel et de blanchiment. La justice soupçonne l'ex-PDG d'avoir détourné 1,2 millions d'euros en bons d'achat, échangés en caisse contre des espèces.

Yves Zehr devant le tribunal correctionnel ce matin
Yves Zehr devant le tribunal correctionnel ce matin © France 3 Alsace

La défense espère ainsi pouvoir prouver, grâce à la convocation de huit témoins, que l'argent détourné a servi à rétribuer des "relais d'opinion".

Ces témoins "sont des gens qui ont assisté ou participé à la vie de Coop Alsace et qui savent ce qui s'y passait. Ils savent que les espèces qui provenaient des caisses de Coop Alsace étaient destinées à un certain nombre de relais d'opinion, ils ont assisté à des remises d'espèces", a indiqué à l'AFP, à l'issue de l'audience, Me Bernard Alexandre, l'avocat de M. Zehr.

Le prévenu, qui a passé plusieurs mois en détention provisoire, conteste tout enrichissement personnel, et affirme que les fonds ont bénéficié à des "relais d'opinion", évoquant notamment le "sponsoring" de clubs sportifs ou du "monde politique", mais sans donner jusqu'à présent les noms des bénéficiaires.

M. Zehr a dirigé jusqu'en 2011 le groupe de distribution qui employait alors quelque 3.000 salariés dans la région dans un réseau de six hypermarchés, une vingtaine de supermarchés et plus de 140 magasins de proximité.

Les représentants du personnel se sont portés partie civile, "pour connaître la vérité", et parce qu'ils font "le lien entre la situation actuelle de quasi-faillite
et les agissements de l'ancien pdg", a expliqué le délégué FO Laurent Hobel. Il est "difficilement compréhensible" que les détournements au bénéfice de "relais d'opinion" aient pu être dans l'intérêt de l'entreprise, a ajouté M. Hobel en marge de l'audience.

Le groupe Coop traverse d'importantes difficultés depuis plusieurs mois. Fin mars, il a cédé ses 28 hyper et supermarchés au groupe Leclerc, ce qui a ramené les effectifs à moins de 1.000 salariés, dont 210 doivent partir cet été. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
entreprises justice
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter