Oradour-sur-Glane : l' Allemagne enquête toujours

Trois anciens incorporés de force alsaciens de la 3° Compagnie du régiment SS "der Führer" de la division blindée "das Reich" pourraient être entendus par les enquêteurs allemands, dans les prochaines semaines.

Oradour-sur-Glane, village-martyr
Oradour-sur-Glane, village-martyr © France 3 Alsace
Tout un symbole : le 29 janvier dernier, les enquêteurs allemands de la cellule de recherche des crimes nazis étaient sur place dans le village martyr.
Ils essayent de "trouver des éléments de preuve supplémentaires et faire des constatations sur place", en particulier voir à Oradour où étaient déployées les différentes unités.

Sur place, ils ont procédé à des relevés topographiques, des relevés balistiques pour affiner leurs données ou préciser des éléments qui n'avaient pas été ou insuffisamment recherchés au lendemain du plus grand massacre de civil commis en France par des unités nazies, le 10 juin 1944.

Ce jour là, la division SS das Reich a tué 642 personnes  du petit village d'Oradour sur Glane. Parmi les soldats il y avaient 14 alsaciens dont un volontaire. Ils avaient été jugés puis condamnés, puis amnistiés au lendemain du procès de Bordeaux en 1953. Cette décision a créé un long et douloureux malaise entre l'Alsace et le Limousin.

L'enquête a été relancée il y a un an et demi, suite à des éléments trouvés dans les archives de la Stasi, les anciens services de renseignements de l'Allemagne  de l'Est. 

Depuis, six anciens soldats de la 3° compagnie encore en vie ont été identifiés et pourraient être poursuivis. Fin 2011, les habitations de ces six Allemands âgés de 85 ou 86 ans avaient été entendus par la police allemande et leurs maisons avaient été fouillées.

Les enquêteurs travaillent à Dortmund, pour le Procureur Andreas Brendel, et à Düsseldorf où enquête le commissaire principal Stefan Willms au Landeskriminalamt de Rhénanie du Nord Westphalie.

Fin mars, ils sont retournés, une deuxième fois, en toute discrétion, à Oradour où ils ont entendus plus d'une dizaine de témoins, survivants du massacre . Ils ont notamment rencontré des témoins qui se trouvaient à l'extérieur du village pour pouvoir contrer le soldat qui pourrait dire "je n'étais pas dans le village, j'étais à l'extérieur".

Le procureurAndreas Brendel, rencontré il y a quelques jours à Düsseldorf en compagnie du commissaire principal Stefan Willms, nous a par ailleurs précisé, que dans le cadre de cette enquête,  trois anciens incorporés de force alsaciens de la 3° Compagnie pourraient dans les prochaines semaines être entendus à titre de témoins. Ces témoins précieux pourraient préciser ce que les uns et les autres ont vu ou fait, ce 10 juin 1944, à Oradour sur Glane.

Le procureur Brendel pense pouvoir terminer son enquête encore cette année, mais rien ne dit qu'il y aura un procès à l'issue de son travail.
"On ne peut faire à l'avance de pronostic", dit le magistrat. Il admet qu'en ce moment, faute de charges suffisantes,  un procès semble plutôt "difficile à envisage. Il a souligné que trois des suspects encore en vie ne peuvent plus être poursuivis en raison de leur état de santé.






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