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Il y a cent ans, au Gabon, arrivait l'Alsacien Albert Schweitzer...

Plusieurs dizaines de personnalités du monde politique ou de la recherche étaient présentes, hier samedi à Lambaréné, dans l'ouest du Gabon, où se déroulent jusqu'à ce soir les célébrations du centenaire de l'arrivée du Dr Albert Schweitzer au coeur de cette forêt équatoriale.

Albert Schweitzer
Albert Schweitzer
Débarqué en 1913 à Lambaréné, sur l'un des territoires les plus sauvages de l'empire colonial français, le Dr Schweitzer fut l'un des plus grands médecins humanitaires du 20e siècle. Il a marqué durablement le Gabon en y apportant une médecine moderne gratuite et accessible à tous. Alsacien d'origine, lauréat du prix Nobel de la paix en 1952, le "Grand blanc" comme on l'appellait au Gabon, a surtout été connu pour son éthique du "respect de la vie".

Pour célébrer le centenaire de son arrivée dans la forêt équatoriale, Yamina Benguigui, la ministre française déléguée à la francophonie, mais aussi l'ex-ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy ou encore le prix Nobel de médecine Luc Montagnier.

Avec le président gabonais Ali Bongo Ondimba, ils ont visité l'ancienne maison du docteur, transformée en musée quelque peu poussiéreux, à quelques pas de l'hôpital qu'il a fondé. On y trouve ses affaires, ses correspondances et notamment de nombreuses bibles en allemand - il était né en Alsace alors annexée par l'Allemagne, et il n'obtiendra la nationalité française qu'après la défaite de l'Allemagne lors de la première guerre mondiale - mais aussi un orgue sur lequel il s'exerçait tous les jours et préparait ses concerts de récoltes de fonds en Europe.

© DR


"C'est ma première visite au Gabon (...) c'est merveilleux de venir sur un lieu aussi mythique, cet endroit a gardé toute sa trace, on le sent partout", a déclaré Yamina Benguigui. La ministre a rendu hommage à l'homme qui "a fait don de toute sa vie pour faire avancer la médecine à l'autre bout du monde", assurant qu'il fallait désormais "travailler sur le médicament pour tous", afin d'aider le continent africain.

Le professeur Luc Montagnier s'est dit "ému" de marcher sur les pas de cet "humaniste""Moi j'étais aussi très amateur de musique et j'écoutais les disques d'Albert Schweitzer notamment la grande Toccata de (Jean-Sebastien Bach)", a-t-il confié. Le pasteur alsacien, qui était aussi organiste, donnait régulièrement des concerts en Europe pour financer son hôpital africain.

"J'adorais mon grand père. Il a beaucoup influencé ma vie et j'ai pris la décision au lieu de devenir médecin au lieu d'être pianiste. Finalement j'ai fait les deux", a raconté avec malice la petite-fille de Schweitzer, Cristiane Engel.

Les célébrations de samedi précèdent un symposium scientifique international dimanche à Libreville consacré aux trois grandes épidémies qui affectent l'Afrique: le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida.




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