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Suppressions de postes à BASF: les salariés alsaciens d'Huningue au siège pour “une explication”

Les salariés devant BASF Huningue / © F3 Alsace
Les salariés devant BASF Huningue / © F3 Alsace

Environ 200 personnes, dont plus de 160 salariés du géant de la chimie BASF venus d'Alsace, ont manifesté mercredi au siège de BASF France à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), dénonçant les 140 suppressions de postes annoncées sur le site de Huningue (Haut-Rhin) en 2014.

Par AFP

Les manifestants ont réclamé une "explication" du président de BASF France, Olivier Homolle, qui a accepté de les rencontrer. "On a fait plus de 500 km, il faut nous respecter, il faut qu'il assume!": après avoir jeté sur l'entrée leurs casques jaunes de protection, les salariés ont pénétré vers 13H00 dans les locaux. Au bout d'une heure, une délégation a obtenu que M. Homolle vienne leur parler dans le hall. Assurant "comprendre" la "situation extrêmement difficile" des salariés alsaciens, celui-ci leur a affirmé que les "deux priorités" de BASF étaient "le maintien de l'activité sur le site", dans les pigments, et de trouver des solutions de "reclassement". "Pour combien de temps?", "c'est du pipeau", ont lancé en retour des salariés. 

"UNE FERMETURE DEGUISEE"

Le projet de restructuration présenté le 22 octobre par BASF prévoit la suppression de 650 postes dans le monde d'ici à 2017, dont 140 à Huningue en 2014 où ne resteront que 102 salariés. "Il y a une réelle volonté de rester sur le site, on n'a pas l'intention d'arrêter", a dit Olivier Ulbrich, le directeur général de BASF Performance products en rappelant qu'un plan d'investissement de 18 millions d'euros "pour cinq ans" avait été annoncé
dans la foulée du projet de restructuration.  "C'est une fermeture déguisée. A côté, ils investissent 250 millions en Asie, ils vont finir par délocaliser", estimait un salarié venu avec ses deux fils, trouvant par ailleurs "indignes pour un groupe comme BASF les indemnisations proposées".

"THE CHÖMAGE COMPANY"

Sur des panneaux, BASF the Chemical company était rebaptisée "the chômage company". Pour Jules Schneider, délégué CGT du site et membre du comité de groupe, réuni dans l'après-midi au siège, "le plan social n'est pas justifié économiquement".  Ce plan de restructuration "est révoltant au regard de l'excellente santé financière du groupe, qui a fait plusieurs milliards de bénéfices l'an dernier", estimait pour sa part Yolan Coppey, délégué central CFDT de la branche Chimie, venu soutenir la manifestation. 

Symboliquement, une dizaine de salariés, vêtus de combinaisons blanches tâchées de noir façon "102 Dalmatiens", les ont symboliquement brûlées. Dans un communiqué, BASF France précise que "le groupe mettra tout en oeuvre pour proposer des mesures d'accompagnement pour les salariés concernés par la restructuration". Au premier semestre 2013, BASF a affiché un chiffre d'affaires en hausse de 4% à 38,1 milliards d'euros pour un bénéfice net en recul de plus de 10% à 2,6 milliards d'euros.

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