Cet article date de plus de 7 ans

Suppression du régime des intermittents : mobilisation aujourd'hui partout en France

Nouvelle séance de négociation entre les partenaires sociaux sur la convention Unédic d'assurance chômage aujourd'hui. Salariés et de chômeurs se mobilisent contre ce qu'ils appellent les "provocations" du Medef. Les intermittents du spectacle manifestent aussi à Paris comme en Province. 

© AFP/MEHDI FEDOUACH

durée de la vidéo: 01 min 52
Intermittents : a quoi ressemble leur vie ?
Aujourd'hui se tient une nouvelle séance de négociations sur l'assurance chômage. Le MEDEF y réitérera ses précédentes propositions, dont la suppression du régime spécial des intermittents du spectacle, qui avaient suscité un tollé syndical.

"Les règles spécifiques relatives à l'indemnisation" des ouvriers et des techniciens du spectacle doivent être "alignées sur celles du règlement général", stipule le projet du patronat. Le texte (signé Medef, CGPME, UPA) propose qu'une "concertation" soit engagée avec l'Etat pour que celui-ci finance le surcoût lié au régime des intermittents.

"Ce n'est pas à l'Etat de financer l'assurance chômage des intermittents, ni de quiconque d'ailleurs", a réagi la ministre de la Culture Aurélie Filippetti sur iTELE. "Si jamais les propositions du Medef par un effet désastreux étaient mises à exécution, ça serait la destruction de la culture, de tout le réseau culturel sur l'ensemble du territoire français", a-t-elle dit. Peu avant la publication de ce nouveau projet d'accord, la ministre avait réaffirmé à l'Assemblée que le gouvernement ne laisserait "jamais détruire la spécificité des annexes 8 et 10" de la convention ayant trait au régime des intermittents.

Le Medef avait déjà proposé de supprimer ces annexes lors de la séance de négociation le 13 février. Le texte avait été rejeté par l'ensemble des syndicats. De son côté, le gouvernement a souligné à plusieurs reprises son "attachement" au régime des intermittents. Le texte patronal maintient aussi la proposition d'un alignement de l'indemnisation des intérimaires sur le régime général. Il réitère par ailleurs une autre suggestion polémique: la modulation de l'indemnisation des chômeurs en fonction de la conjoncture.

Le texte souligne "l'ampleur historique" de la dette du régime d'assurance chômage fin 2013 - près de 18 milliards d'euros - et insiste sur "la nécessité d'un retour à l'équilibre financier".

Mobilisations partout en France 


La quatrième et, en théorie, avant-dernière séance de négociations sur la convention de l'assurance chômage aujourd'hui jeudi à 14H30 s'annonce donc tendue. La précédente s'était conclue sur un constat unanime de désaccord, les syndicats déplorant le "durcissement" du ton du patronat.

Dans un communiqué, la CGT a appelé mercredi soir à "amplifier la mobilisation" en dénonçant un "projet violent et provocateur" dans lequel "le demandeur d'emploi est tenu pour responsable de sa situation". Avec ce projet, "les travailleurs précaires, intérimaires et intermittents verraient leur indemnisation considérablement baisser", relève la centrale. Le texte patronal cherche à "stigmatiser une nouvelle fois" les professions culturelles,
avait réagi plus tôt la CGT-Spectacle. "Pour le Medef & Cie, +l'équité+, ce n'est plus seulement le nivellement par le bas, c'est l'abaissement ou la suppression des droits et le transfert à l'Etat de leurs obligations", a estimé le syndicat, en confirmant son appel à manifester jeudi à Paris, devant le siège du Medef, et en province.

La proposition dite "gagnant-gagnant" de Ségolène Royal


Ségolène Royal, présidente (PS) de Poitou-Charentes, a suggéré aujourd'hui de "demander des tâches" aux intermittents du spectacle, en contrepartie de leur indemnisation chômage. Interrogée par i>TELE sur le régime spécial de ces travailleurs intermittents, l'ex-candidate à la présidentielle a répondu : "la culture n'est pas déficitaire, elle rapporte énormément à un pays comme la France". Donc "on sauve les intermittents, mais peut-être qu'on peut leur demander des tâches". "Faisons du gagnant-gagnant", a proposé Mme Royal. "Il y a une soif de culture dans les écoles, les collèges, les lycées. Pourquoi est-ce que les intermittents, en contrepartie de leur indemnisation, n'interviendraient pas dans le système scolaire " ou "dans les maisons de retraite", pour "répondre à la "démocratisation d'accès à la culture ?".


Perturbations sur France 3 Alsace
Les journaux du Midi Pile et du 19/20 sur France 3 Alsace seront perturbés ce jeudi 27 février en raison de la mobilisation des intermittents du spectacle et de la journée de grève à l'appel de la CGT. 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
emploi spectacle vivant culture