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55 militants de Greenpeace condamnés à 2 mois avec sursis pour une intrusion à Fessenheim

Le tribunal correctionnel de Colmar a condamné jeudi 55 militants de Greenpeace à des peines de deux mois de prison avec sursis pour "violation de domicile", après leur spectaculaire intrusion en mars dans la centrale nucléaire de Fessenheim
Manifestation jeudi matin devant le tribunal de Colmar
Manifestation jeudi matin devant le tribunal de Colmar © Greenpeace
Le tribunal les a jugés coupables de violation de domicile, mais les a relaxés des faits de "dégradations" constatées sur les lieux. Le procureur de Colmar, Bernard Lebeau, avait auparavant requis des peines de trois à quatre mois de prison avec sursis.

"Ce débat (sur l'énergie nucléaire) me paraît complètement légitime, mais je ne peux, en tant que citoyen et en tant que procureur, cautionner les actions de Greenpeace, lorsqu'elles sont illégales", avait expliqué le procureur.

Sur les 55 militants jugés jeudi pour "violation de domicile" et "dégradations", seuls trois -deux Français et un Allemand- se sont présentés à la barre, pour revendiquer la "légitimité" de leur action. 

Arrivés à Fessenheim au petit matin du 18 mars à bord de camions, et munis d'échelles, les militants -d'une vingtaine de nationalités- avaient réussi leur opération surprise.

La plupart avaient été interpellés rapidement, mais certains s'étaient hissés jusqu'au sommet du dôme d'un réacteur, où ils avaient déployé une banderole, avant d'en être délogés par les forces de l'ordre.

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Le procès des militants de Greenpeace

Procès des militants de Greenpeace
"Il y a des lois qui ne devraient pas exister, comme (celle qui interdit de) pénétrer dans une centrale pour alerter mes concitoyens. C'est un devoir de faire parfois ce que je fais.C'est légitime, même si c'est illégal", a déclaré à la barre du tribunal correctionnel l'un des militants, Eddy Varin, un fonctionnaire de 41 ans résidant à Rouen.
"Nous n'avons pas fait cela de gaieté de coeur. Pour sensibiliser les gens, malheureusement il faut faire des choses médiatiquement importantes, de manière à faire pression sur les élus", a renchéri Jean-Michel Vourgère, 43 ans, un informaticien parisien.

Au total, 55 militants de Greenpeace, d'une vingtaine de nationalités, sont jugés pour "violation de domicile" et "dégradations", mais seuls
trois d'entre eux sont présents au procès. Outre les deux militants français, un Allemand de 73 ans, Peter Wendt, s'est également présenté à la barre.

Parmi les prévenus, six ressortissants de pays non membres de l'espace Schengen (quatre Turcs, un Australien, un Israélien) font encore l'objet d'une interdictionde séjour en France.
Les autres étrangers (notamment une vingtaine d'Allemands, sept Italiens, trois Autrichiens, trois Hongrois) ont décidé de ne pas faire le déplacement par solidarité avec eux, a expliqué leur avocat, Me Alexandre Faro.

Avant l'ouverture du procès, quelques militants antinucléaires ont manifesté devant le tribunal leur soutien aux prévenus, en brandissant une banderole proclamant "Militants de Greenpeace, vous êtes les héros de notre temps!". Les prévenus, de leur côté, ont posé pour les photographes à côté d'une banderole affirmant : "Nous désobéissons pour l'avenir".

Le 18 mars, arrivés en camion au petit matin et munis d'échelles, les militants avaient réussi leur opération surprise. La plupart d'entre eux avaient été interpellés rapidement, mais certains s'étaient hissés jusqu'au sommet du dôme d'un réacteur, avant d'en être délogés par les forces de l'ordre.
L'équipe internationale avait visé Fessenheim pour le symbole, afin de dénoncer les problèmes de sûreté posés, selon Greenpeace, par le
vieillissement des installations nucléaires en Europe.

En service depuis 1977, l'installation haut-rhinoise est la doyenne des centrales françaises et se situe à la frontière avec l'Allemagne. Sa fermeture a été annoncée par François Hollande pour fin 2016, mais les antinucléaires l'auraient souhaitéeplus rapide et craignent une volte-face. Si Greenpeace voulait mettre en avant le vieillissement des installations, l'opération avait également relancé le débat autour de la vulnérabilité des centrales face au risque d'intrusion.
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