Amnéville: la femme qui avait fait croire que sa maison était hantée ne sera pas jugée

Un désordre indescriptible s'est produit. / © François Carretier - France Télévisions
Un désordre indescriptible s'est produit. / © François Carretier - France Télévisions

La justice a annulé mercredi 12 novembre 2014 les poursuites judiciaires à l'encontre d'une femme de 57 ans qui avait fait croire cet été à la police que sa maison d'Amnéville (Moselle) était hantée. Quasi analphabète, elle n'avait pu relire ses dépositions aux policiers avant de les signer.

Par Jean-Christophe dupuis-Rémond avec AFP.

Le tribunal correctionnel de Metz a annulé mercredi 12 novembre 2014 les poursuites judiciaires à l'encontre d'une femme de 57 ans qui avait fait croire cet été à la police que sa maison d'Amnéville (Moselle) était hantée.

La Justice a retenu l'exception de nullité soulevée par l'avocat de la prévenue, Me Thomas Hellenbrand, qui avait pointé que sa cliente, quasi analphabète, n'avait pu relire ses dépositions aux policiers avant de les signer.

"C'est un jugement tout à fait opportun", selon Me Hellenbrand, estimant qu'accuser un "polteirgeist" d'avoir ravagé sa maison "n'est pas un délit" mais plutôt un "délire".

Voit notre reportage de l'époque :
Etranges phénomènes à Amnéville

Les faits et l'enquête

Fin août 2014, la maison des époux Hachette, dans un quartier pavillonnaire d'Amnéville, était retrouvée sens dessus dessous, avec un téléviseur renversé, des vitres et des assiettes brisées. Paniqué, le couple s'était dit convaincu qu'un esprit frappeur avait commis ce désastre et avait porté plainte contre X pour dégradations volontaires.
En pleine torpeur estivale, les médias locaux s'étaient promptement saisis de l'affaire, attirant dans leur sillage une foule de curieux, "chasseurs de fantômes" et autres "spécialistes" du paranormal.
Toutefois au bout de trois semaines d'enquête, la police concluait à une intervention humaine. Placée en garde à vue, Me Hachette avouait avoir elle-même saccagé sa maison durant une crise de nerfs.

Cette femme psychologiquement et physiquement fragile, tremblante comme une feuille au tribunal, s'était retrouvée poursuivie pour "dénonciation mensongère" ayant entraîné des "recherches inutiles", tandis que son mari avait été mis hors de cause.
Les policiers étaient "peut-être un peu vexés d'avoir cru à cette histoire de poltergeist. Ils ont cru devoir diligenter des poursuites, mais elles étaient vraiment très mal dirigées contre une personne faible, qui maintenant va retrouver la paix et la sérénité", a dit Me Hellenbrand.

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