Marche de la colère à Paris : des dizaines de policiers alsaciens mobilisés, du jamais vu

Une partie des policiers alsaciens venus pour la marche de la colère à leur arrivée à Paris / © Document remis
Une partie des policiers alsaciens venus pour la marche de la colère à leur arrivée à Paris / © Document remis

Suicides à répétition dans la profession, semaines interminables, manque d'effectifs, de moyens et de considérations, retraite remise en cause, la liste des griefs des policiers est longue comme un jour sans pain. Ils se rejoignent à Paris ce 2 octobre pour une marche de la colère.

Par Anne-Laure Marie

L'appel est unitaire, tout corps confondu. Ça n'était pas arrivé depuis 2001 et la mobilisation devrait être ce mercredi 2 octobre bien supérieure. Des policiers par milliers arrivent de province en train, en voiture et se rejoignent à 12h30 place de la Bastille pour une marche de la colère qui doit les conduire place de la République. Il faut dire que le constat est édifiant. En France, un policier se suicide tous les cinq jours. Depuis le début de l'année, 51 fonctionnaires de police ont mis fin à leurs jours. "Ce chiffre est effarant, c'est le double par rapport à d'habitude et l'administration fait la sourde oreille, peste Emmanuel Georg, secrétaire départemental Bas-Rhin et régional Alsace d'Unité SGP police FO, dans le train en partance pour Paris. On manque cruellement d'effectifs. Entre les gilets jaunes, l'attentat de Strasbourg, les matches du Racing, les gars font des semaines de six jours et des amplitudes horaires dingues, sur Strasbourg, il nous manque une centaine de personnes".
 

Du jamais vu

Sans compter le manque de considération. Et la remise en question des régimes spéciaux pour la retraite. Aujourd'hui, après 25 ans de travail un policier bénéficie d'un bonus de cinq ans justifié par la pénibilité du travail. "Le gouvernement remettrait cet acquis en question alors qu'on l'a négocié à l'époque contre le renoncement au droit de grève", regrette Emmanuel Georg. Ce qui signifie que tous les policiers qui se rendent à Paris ont posé un jour de congé. Et ils sont nombreux. Entre 150 et 200 pour l'Alsace. "Du jamais vu, témoigne Emmanuel Georg, en général on est plutôt une vingtaine". Entre 20 et 30.000 policiers sont attendus. 

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