Nouveau nuage de sable du Sahara : "On n’y est pour rien" assure l'Elephant bleu, le spécialiste de lavage de voiture

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Écrit par Claire Peyrot

Le sable est de retour dans le ciel depuis ce mardi 29 mars. Quinze jours après les premières pluies sablonneuses, le phénomène s’annonce moins intense. Néanmoins, les automobilistes vont devoir relaver leurs voitures. Une aubaine très ponctuelle pour l’entreprise alsacienne Elephant bleu (Hypromat).

La blague avait circulé sur les réseaux sociaux lors du premier épisode de pluies sablonneuses le 15 mars 2022 : "Je me demande s’il n’y a pas un complot du syndicat des laveurs de voitures" plaisantait alors une internaute. Et à voir les files d’attente ininterrompues aux stations de lavage pendant les jours (voire les deux semaines) qui ont suivi, la question paraissait pertinente.

"On n’y est pour rien" promet Yves Brouchet en souriant. Le directeur général du groupe Hypromat, qui gère l’enseigne Eléphant bleu, estime que ces épisodes génèrent une hausse d’activité de 5% à 15% pour le mois où ils se produisent. Depuis le siège social de Hoerdt (Bas-Rhin), où le groupe est installé depuis 2001, on a l’habitude de ces phénomènes. "Souvent, ça passe inaperçu, en raison des fortes pluies. Mais cette année, ça a duré plusieurs jours, et le sable s’est déposé sur les terrasses, les trottoirs et les voitures".

Et les automobilistes sont venus s’agglutiner dans les stations de lavage pour passer leur voiture au jet ou au rouleau. En moyenne, selon les chiffres d’Eléphant bleu, ils lavent leur véhicule entre 6 et 11 fois par an. Essentiellement le week-end, et un peu plus au printemps.

Alors que l'Alsace est concernée par un nouvel épisode de nuage venu du Sahara, les automobilistes vont devoir de nouveau nettoyer leurs véhicules. Car la réglementation en France impose d'avoir "une transparence suffisante, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la voiture" pour le pare-brise et les vitres latérales avant du véhicule.

Une idée née dans les vignes

L’idée du lavage à haute pression est née dans le vignoble suisse. Maurice Paquette, dirigeait alors une entreprise de distribution de carburants. Il cherchait un moyen de nettoyer les véhicules de son entreprise. En observant son beau-père pulvériser un traitement sur la vigne, il a remarqué que la pression nettoyait les feuilles. Il a alors imaginé un système similaire adapté à ses camions et le premier "hypromat" naissait en 1964.

Aujourd’hui l’entreprise est leader dans son secteur. Avec 460 centres en France et 70 en Suisse, l’Elephant bleu est numéro 1 du lavage à haute pression en France et numéro 2 pour les portiques (rouleaux).

Un souci écologique

"Nous sommes très soucieux de notre impact écologique" insiste Yves Brouchet. Le lavage en station est beaucoup moins gourmand en eau selon le responsable du groupe : 60 litres en moyenne pour un lavage en station contre 340 à domicile (au passage, ce dernier, ainsi que sur la voie publique est interdit).

"Ce qui est crucial, c’est que nous récupérons 360 grammes de boue fortement polluée pour chaque voiture lavée. Si on lave à domicile, ces hydrocarbures et ces métaux lourds finissent dans les sols. Dans nos centres, ils sont récupérés d’abord par un système de décantation, puis noues les envoyons dans des organismes spécialisés. L’eau est récupérée, retraitée et redirigée vers les stations d’épuration".

"On gaspille moins d’eau que certains systèmes d’irrigation agricole où 95% de l’eau s’évapore", conclut le dirigeant. L’Eléphant bleu continue de grandir. En grande partie constitué de franchisés, le groupe totalise entre 10 et 20 nouveaux centres chaque année. Plus d’un tiers de l’investissement d’une nouvelle structure est consacré au traitement de l’eau.