Un Strasbourgeois sacré "sommelier de l’année" 2022 par le Gault et Millau en Allemagne

Publié le Mis à jour le
Écrit par Claire Peyrot .

Le Strasbourgeois Christophe Meyer vient d’être sacré en Allemagne "meilleur sommelier de l’année 2022" par le prestigieux guide gastronomique Gault et Millau. Voilà 15 ans que le restaurant Le Dollenberg lui fait confiance pour accorder les plats de son restaurant de Bad Peterstal-Griesbach.

Une consécration. Une reconnaissance du travail accompli. Et même un très beau cadeau d’anniversaire. A peine deux jours après avoir fêté ses 45 ans, Christophe Meyer a été nommé en juin 2022 "meilleur sommelier de l’année" par le Gault et Millau allemand.

Deux semaines se sont écoulées depuis la cérémonie au restaurant Rutz de Berlin (Trois étoiles au guide Michelin) et le sommelier passionné du Dollenberg de Bad Peterstal-Griesbach ressent encore l’émotion qu’il a eue lors de la remise du prix : "Quand le rédacteur en chef vous invite personnellement à la célébration de la parution, c’est bon signe" se souvient l’heureux élu.

S’il n’avait aucune certitude sur le fait de recevoir une distinction, il a compris que quelque chose se tramait en constatant sur place que les invités étaient triés sur le volet : "Et quand je me suis rendu compte que j’étais le seul sommelier, je me suis dit s’il n’y en a qu’un, c’est qu’il y a quelque chose", sourit-il.

Christophe Meyer n’en est pas à son premier prix. En 2015, le Schlemmer Atlas (guide gastronomique allemand de classement des restaurants) le désigne déjà comme le meilleur sommelier de l’année. Cinq ans plus tard, le magazine européen Vinum associe son nom à la "meilleure carte des vins d’Allemagne".

Rendre les clients heureux

Le Gault et Millau vient récompenser la qualité du service, le dévouement et la finesse de ce que le sommelier transmet aux clients. Des caractéristiques qui collent parfaitement à Christophe Meyer. Le professionnel partage sa passion du vin avec les clients du Dollenberg depuis 2006.

Il aime particulièrement fournir diverses détails sur le vin à ses interlocuteurs : "C’est rare que les clients aient des informations. J’essaie d’apporter des explications dans mes arrangements mets-vins. J’aime que les gens se sentent enrichis en sortant de table" témoigne-t-il.

Son objectif, rendre les gens heureux : "Ma plus belle récompense, c’est de voir le regard des personnes pétiller. Mon but, à la fin du repas, c’est qu’ils se sentent heureux, c’est très gratifiant".

Christophe Meyer impressionne aussi par l’originalité de provenance des vins qu’il propose. Tahiti, Chine, Syrie… Un tiers de sa carte est consacrée aux vins du monde (les deux tiers restants étant répartis entre vins allemands et français).

Du vin pour voyager

Car le sommelier est un explorateur dans l’âme, qui entend faire voyager sa clientèle, et la surprendre. A côté d’une sélection classique, il "essaie d’apporter des vins très très exotiques, qu’on n’attend pas". Comme ce vin de Géorgie, qui sera suggéré avec la carte d’été : "Il faut savoir que la Géorgie est le pays qui a la plus vieille histoire du monde avec le vin, on y retrouve des traces d’il y a plus de 8000 ans" précise-t-il.

Une bible vivante ce Christophe Meyer ! Une culture vinique qu’il entretient au quotidien : "Chaque soir, je m’astreins à lire quinze minute de l’encyclopédie du vin." Une ténacité et une culture qu’il ne doit qu’à lui-même.

La première fois que j’ai goûté du vin, j’ai dit : plus jamais !

Christophe Meyer

L’homme ne cache pas son enfance compliquée. Placé à la DDASS à l’âge de 11 ans, il a décidé de faire de cette épreuve un moteur pour avancer dans la vie. D’abord pour s’accomplir professionnellement. Le vin n’était pas une vocation dès le départ : "La première fois que j’ai goûté du vin, c’était du vin de table, et j’ai dit : plus jamais !"

A 16 ans , il entame des études de cuisine (comme sa maman), et c’est lors de ses stages (à Beaune, à Saint-Emilion) qu’il détecte une appétence pour l’univers du vin : "Dès qu’on parlait de vin, j’avais mille questions" se souvient-il. Le jeune Christophe se dirige alors vers le lycée hôtelier d’Illkirch, où il se spécialise en sommellerie.

Un parcours ponctué d’heureuses rencontres

Tous les professionnels qu’il croise lui prédisent une belle carrière dans le domaine. En poste au début des années 2000 dans les Hautes-Alpes, il rencontre celle qui deviendra son épouse, une Allemande originaire d’Achern, à quelques kilomètres de Strasbourg. Ensemble, ils décident de revenir s’installer en Allemagne.

C’est ainsi qu’en 2006, il postule au Dollenberg, où il est tout de suite embauché, avec une grande liberté de choix. Car une partie essentielle du travail de Christophe Meyer consiste à constituer la carte des vins de son établissement. A ce jour, elle compte plus de 600 références.

Les grands vins, c'est comme une cadeau de Noël pour moi

Christophe Meyer

Meilleur sommelier de l'année 2022 en Allemagne

Le sommelier connaît chacun de ses vins, son caractère, son histoire. Dès leur livraison au Dollenberg, il est tenté de les comparer même à ses enfants : « Ils arrivent tout petits, j’attends qu’ils grandissent avant de les proposer. » Un processus à la durée très variable : "En général, je les laisse une semaine de repos, parce que les vins n’aiment pas trop voyager." 

Ensuite, commence l’élevage : "Les vins de Bordeaux, je leur laisse dix ans avant d’envisager de les mettre sur la carte. J’ai même une cave spéciale pour les vins qu’il faut faire vieillir plus longtemps." Une cave à l’abri du regard du sommelier : "Vous savez, les grands vins, c’est comme un cadeau de Noël pour moi. Alors si vous les avez tout le temps sous les yeux… Ce serait tentant de les ouvrir."

Le Strasbourgeois considère cette distinction de meilleur sommelier comme un couronnement : "Quand on débute dans le métier, on voit tous ces grands noms dans le Gault et Millau, on se dit peut-être un jour en travaillant, on pourra y être." Voilà qui est fait pour Christophe Meyer qui ajoute «aujourd’hui, j’ai réalisé tous mes rêves. M’en sortir, avoir une vie de famille, faire mon métier avec passion." Et de conclure : "Je suis un homme comblé". 

Ce vendredi 7 juillet, le Dollenberg a rouvert après la traditionnelle pause.  Les clients vont ainsi  découvrir sa nouvelle carte, qui sera proposée pour les deux mois à venir. 

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité