Ardennes : ouverture d'un centre de loisirs pour enfants en situation de handicap, un moment de répit pour les familles

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La Fédération Familles rurales des Ardennes, la CAF, et des acteurs institutionnels et associatifs, ont ouvert, jusqu'au 28 août,  à Villers-Semeuse, un centre de loisirs pour accueillir des enfants handicapés. Les parents peuvent ainsi faire une pause et profiter d'un peu de répit.

Le centre de loisirs de la ville de Villers-Semeuse dans les Ardennes résonne à nouveau de cris d'enfants. Après le confinement des deux derniers mois, de petits locataires d'un jour sont accueillis dans ce lieu pour la première fois. Portés par la Fédération Familles Rurales des Ardennes et la CAF, un projet a vu le jour pour aider les familles avec un enfant en situation de handicap. "On prend le relais", c'est la promesse de cette nouvelle structure mise en place jusqu'au 28 août.

 


"Son école est fermée, on n'avait pas de solution d’accueil"

C'est une drôle de rentrée pour Giovani, Louna et Raphaël, cet après-midi. Ils ont, pour certains, des petits sacs d'écoliers accrochés sur leur dos, mais là où ils se dirigent, ce n'est pas leur école habituelle. Bien mieux. Ici, on va les laisser s'amuser, passer de bons moments avec des éducateurs à leurs dispositions, et sans les parents pour une fois.

 

Après une petite visite des salles avec les parents et la découverte des ateliers avec les enfants, le personnel spécialisé dans le handicap prend le relais. Cette bulle de sérénité, le temps d'un après-midi, est souvent synonyme de repos et de relâche pour les familles.

François, l'un des papas, est venu déposer Raphaël, 5 ans, moins quelques dents. Pour lui, cet endroit est vital pour faire le point et se décharger quelques instants.

 

"Moi, j’ai repris mon activité, je suis commerçant, tatoueur, à temps plein !", rappelle François, le papa de Raphaël. Notre fils est scolarisé depuis cette année à l’Unité Maternelle Autistique de Donchery, c’est l’équivalent d’une grande section de maternelle, mais spécifique pour les enfants autistes. Son école est fermée pour cause de covid pour l’instant, donc on n'avait pas de solution d’accueil. Ça tombe très bien.

Pour Raphaël, on a vu qu’il avait besoin de socialisation, parce que le fait d’être en vase clos, qu’avec nous, ses parents, à terme, il y avait une sorte de petite régression, notamment sur le langage".

Nous, ça nous permet de souffler un peu, parce que ce sont des journées qui peuvent être souvent longues. Pour ma compagne, ça lui permet d’avoir également un peu de répit, et un peu de temps libre pour faire tout simplement autre chose.
François Damiens, père du petit Raphaël


Le papa reprend son propos sur les bienfaits d'une telle structure en complément de la prise en charge habituelle de son fils. " Pour des enfants comme Raphaël, le rythme est important. Les coupures de vacances trop longues peuvent ne pas convenir.
 


Ça le stimule. Il peut développer un peu la parole, car avec nous, il y a une sorte de communication non-verbale qui s’installe. Il régresse un peu. Quand il est avec d’autres personnes, il va chercher à utiliser des mots, c’est très bénéfique à ce niveau-là. On va être sur deux à trois demi-journées par semaine avec Raphaël".


"Un univers tout en jaune, pour qu'il soit bien !"

Le petit Giovanni, cinq ans, est lui aussi accueilli cet après-midi. Sa famille l'a confié de 11 h à 15 h aux animatrices et à l'infirmière présente. Le petit garçon passe de bras en bras, mais tout a été pensé pour l'apaiser. 
" On savait que Giovanni aimait le jaune, on lui a donc fait tout un univers en jaune pour qu’il soit bien. On s’adapte aux besoins des enfants ! " nous confie une aide spécialisée à la table de jeux.
 
 


Ouvert aux petits ardennais, gratuit, et sans justificatif

Xavier Léger, le conseiller technique handicap du projet, affiche un large sourire depuis l'ouverture de son accueil. Cet après-midi, il fait la visite de tout le bâtiment, en expliquant chaque atelier aux familles qui arrivent. Rien ne doit freiner la démarche des couples ardennais demandeurs, l'administratif est simplifié au maximum. "Là, c’est le premier lieu de répit, gratuit et sans justificatif, jusqu’au 28 août. La structure est ouverte du lundi au vendredi, de 09 h à 17 h. On avait des familles qui étaient en attente de placement, il y a des listes quand on a un enfant handicapé. En quelque sorte, c’est un accueil périscolaire, mais à la journée. Pendant la période juillet-août ce lieu deviendra un accueil de vacances. Cinq places seront disponibles par jour pour les enfants handicapés".

On accueille les enfants dans leur sixième année, jusqu’à leur 18ème année. Ce sont des enfants en situation de handicap, en cours de diagnostic ou non. Il faut juste remplir un dossier d’inscription, mais les familles n’ont aucun justificatif à donner. On s’adapte à leurs besoins. Le but étant d’être le plus ouvert possible, le plus flexible possible.
Xavier Leger, conseiller technique handicap

 



L’idée vient du dispositif handicap "Ondicap", qui existe maintenant depuis deux ans et demi et qui regroupe tout un panel d'acteurs. L’objectif de ce dispositif est d’inclure les enfants handicapés dans les lieux qu’on appelle "de droits communs", c’est-à-dire les crèches, ou les accueils de loisirs. Avec le confinement, tout a été remis en cause, accélérant du même coup la mobilisation des organismes ardennais pour offrir une solution de repli.

 
Le conseiller poursuit : " On propose des activités artistiques et manuels, des activités sportives, culturelles avec de la musique. Ces animations seront adaptées au rythme de l’enfant, de ses compétences et de ses besoins. Dans le dossier d’inscription, on demande aux enfants ce qu’ils aiment faire, pour éviter les crises. L’avantage avec cette structure-là, c'est qu'on a un effectif maximum de cinq enfants, c’est très familial. Avant, lorsque que les parents avaient besoin d’un peu de répit, ils faisaient appel à leur famille uniquement. Ils n’avaient pas de solution. On voudrait que ce lieu de répit soit disponible toute l’année, garder cette souplesse administrative qui est la force de ce projet", conclut Xavier Leger, conseiller technique handicap.

Une animatrice, une infirmière et un moniteur-éducateur ont été embauchés en CDD jusqu'au 28 août, en attendant peut-être, de pouvoir pérenniser ce lieu d'accueil, voire d'en ouvrir d'autres.