Cet article date de plus de 4 ans

Grippe aviaire : l'ensemble du territoire placé en risque "élevé"

Le ministère de l'agriculture a annoncé ce mardi qu'il avait décidé de relever de "modéré" à "élevé" le niveau de risque concernant la grippe aviaire sur l'ensemble du territoire national.
© Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
Ce choix s'est imposé "à la suite de la découverte de plusieurs foyers d'influenza aviaire hautement pathogène H5N8 dans des élevages du Sud-Ouest et de cas dans la faune sauvage dans le Pas-de-Calais et la Haute-Savoie", précise le communiqué du ministère.

Dans la région, couloir migratoire pour les oiseaux sauvages, les éleveurs sont très vigilants. Et dans les élevages de volailles des mesures sont prises. Dans les zones humides (comme la forêt d'orient ou le lac du Der), les animaux d'élevages doivent être confinés.

En novembre dernier nous avions consacré un reportage au sein de l’élevage de dindes de rouges de Cyriaque Godefroy. Même si elles sont élevées en plein air, ces volailles n'ont pourtant que peu risque d’attraper la grippe aviaire. Sas sanitaire, bain de désinfection et une seule espèce dans son élevage, Cyriaque Godefroy est préparé aux risques. Comme une soixantaine d'éleveurs ardennais, il a suivi un stage pour cela.

L'an passé, l'épizootie de grippe aviaire qui avait touché le Sud-Ouest avait entraîné un vide sanitaire de plusieurs mois pendant lesquels les exploitations avaient cessé de fonctionner. Cette mesure drastique avait permis de venir à bout du virus, au prix d'une perte de production de 25% pour la filière foie gras et d'un coût global estimé à 500 millions d'euros pour l'ensemble de la filière.

► Mesures et dérogations détaillées sur : https://agriculture.gouv.fr/les-mesures-et-indemnisations, dans la rubrique Gestion des nouveaux cas H5N8.

Ce choix a été motivé par "l'évolution rapide de la situation sanitaire en France et dans plusieurs pays d'Europe et par la dynamique de propagation du virus", transporté par des oiseaux migrateurs, a précisé le ministère dans un communiqué. Le risque "élevé" entraîne la mise en place de mesures de protection renforcées sur l'ensemble du territoire national dont l'obligation de confinement ou de pose de filets permettant d'empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour tous les élevages commerciaux de volailles et toutes les basses-cours. Par ailleurs, tout rassemblement de volailles vivantes est interdit, et en particulier sur les marchés.

Les rassemblements peuvent avoir lieu sous dérogation, si notamment des dispositions sont mises en oeuvre pour éviter tout risque de contamination par les oiseaux sauvages d'eau, susceptibles d'être infectés par l'influenza aviaire, et entre volailles issues de différents élevages. Concernant la chasse, les lâchers de gibiers à plume sont également interdits sur tout le territoire national. Les lâchers de faisans et de perdrix peuvent être, eux, autorisés sous certaines conditions, tout comme l'utilisation des appelants (oiseaux servant d'appâts vivants). "La gestion de ce nouvel épisode d'influenza aviaire dépend de la mobilisation et l'engagement de tous les acteurs du secteur", a souligné le ministère. Même si le virus ne présente aucun danger pour l'homme et que canards et autres volailles restent consommables, cette épizootie est un nouveau coup dur pour la filière qui n'est toujours pas sortie de la suspension de l'élevage au printemps dernier.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
grippe aviaire agriculture économie