Les salariés de l'entreprise de cloisons de bureau Clestra ont cessé la grève, ce 21 décembre, après avoir obtenu gain de cause de leurs revendications. Selon nos informations, une hausse des salaires et une prime sur trois ans ont été accordés par la direction.
Les salariés de l'entreprise de cloisons Clestra, à Illkirch-Graffenstaden, ont annoncé, ce mercredi 21 décembre, la fin de la grève. Ils manifestaient depuis deux semaines à l'appel de la CGT métallurgie flotte pour une augmentation des salaires. Après des négociations avec la direction, ils ont obtenu gain de cause et sont satisfaits.
Selon nos informations, les grévistes ont réussi à maintenir leur accord de temps de travail ainsi que leur prime annuelle d'intéressement correspondant à un 13ᵉ mois. Une hausse générale de 65 euros nets des salaires a été accordée, en plus d'une prime de 420 euros au mois de décembre et d'une autre annuelle de 650 euros pour les trois prochaines années.
Depuis deux semaines, 90% des 150 employés de l'entreprise étaient mobilisés. Une première depuis neuf ans qui a provoqué l'arrêt total de la production sur le site bas-rhinois. "Nos revendications visaient à faire face à l'explosion de l'inflation. Ce n'était plus vivable, il fallait faire quelque chose", confie un salarié, "Les salaires ne sont pas bien élevés. On tourne à 1700 euros nets avec les primes".
En octobre 2022, après avoir été placée en redressement judiciaire, la société avait été reprise par le groupe familial Jestia, avec comme conséquence 84 licenciements, dont 57 sur le site d'Illkirch.
La grève prise en charge par l'employeur et les salariés
Selon les syndicats de l'entreprise Clestra, ces deux semaines de grève vont être prises en charge par l'employeur et les salariés. "C'était une crainte des grévistes de ne pas pouvoir avoir un salaire en décembre", confirme le salarié, "Une partie va être prise en charge par les heures supplémentaires et les congés sur les trois prochains mois".
Les salariés ont fait la démonstration qu'ils ont eu raison d'utiliser leur droit de grève.
Emmanuel Fernandes, député NUPES de la 2ème circonscription du Bas-Rhin.
Une nouvelle qui ravit Emmanuel Fernandes, député NUPES de la 2ᵉ circonscription du Bas-Rhin. L'élu était venu soutenir les salariés ce 20 décembre sur le site d'Illkirch. "Les salariés ont fait la démonstration qu'ils ont eu raison d'utiliser leur droit de grève. Ils n'avaient pas de revendications hors-sol, ils souhaitaient seulement remplir leur frigo", explique-t-il, "La direction a fini par revenir à la table des négociations et la lutte a payé".
De son côté, la direction, qui a négocié une clause de confidentialité sur les détails de l'accord, n'a pas souhaité répondre à nos questions.