Courses hippiques : "Vous misez deux euros sur un cheval et il vous appartient pendant cinq minutes", grand succès populaire à Wissembourg

Quatre journées par an, des courses hippiques sont organisées à l'hippodrome de Wissembourg.

L'image résume à elle seule ce qu'est l'hippodrome de Wissembourg : un garçon d'une dizaine d'années et son arrière-grand-mère en pleine réflexion devant les guichets avant de parier. Comme beaucoup autour d'eux, ils se sont offert une sortie en famille.

La file d'attente ne désemplit pas. À côté des quelques-uns qui ont analysé les statistiques pour jouer stratégique, d'autres - plus nombreux - procèdent au coup de coeur. Comme si la beauté du cheval faisait aussi son talent. "On essaye, on tente", sourit un parieur, "on fait au feeling", complète un jeune spectateur.

Une naïveté assumée, car l'essentiel est ailleurs : "Mon mari joue et évidemment, il perd à chaque fois. Certes, ce ne sont que deux euros, mais il ne mise jamais sur les bons numéros... Pas grave, on vient surtout pour rencontrer du monde, des amis, des connaissances", confie une femme, qui ne loupe aucune course à Wissembourg, depuis des années.  

"On veut absolument conserver cet esprit de fête populaire. Beaucoup de familles qui viennent n’y connaissent rien aux courses."

Jean-Marie Hiebel

Vice-président de la société hippique de Wissembourg

Ce qui plaît, c'est l'ambiance, plus proche de la fête de village que d'un rendez-vous hippique. "On veut absolument conserver cet esprit de fête populaire, insiste Jean-Marie Hiebel, vice-président de la société hippique de Wissembourg. Beaucoup de familles qui viennent n’y connaissent rien aux courses. Les gens viennent avec les enfants, les petits-enfants pour passer une bonne journée chez nous."

Dans le top 4 des hippodromes ruraux en France

Les bénévoles proposent ainsi des visites guidées de l'hippodrome : paddock, écuries, salle de pesée des jockeys, salle des commissaires ou encore tour de contrôle. Grillades et repas sont vendus le midi, tartes flambées l'après-midi et jusqu'au début de la nuit.

Pour l'ouverture de la saison le 1er mai, près de 4000 personnes se sont déplacées. 75.000 euros ont été misés. "Sur les 150 hippodromes ruraux en France - on ne va pas se comparer à Paris, Marseille ou Deauville - nous sommes dans le top quatre, si on fait la moyenne entre le nombre de spectateurs et les enjeux enregistrés. Ce qui se passe ici est incroyable", explique Paul Schiellein, président d’honneur de la société hippique, dont la création remonte à 1864.

Les courses sont ainsi une tradition à Wissembourg depuis plus de 150 ans. Traditionnellement, se tenait un marché de chevaux en ville le lundi de Pentecôte. Les villageois voisins venaient acheter et vendre, puis s’arrêtaient à la clairière de la Hardt pour tester leurs bêtes. Depuis, des courses sont organisées chaque lundi de Pentecôte. Et devant leur succès, trois autres journées ont été ajoutées au fil des années, dont le 1er mai.

Des chevaux de toute la France et d'Europe engagés

"Je dis toujours aux spectateurs « Vous misez deux euros sur un cheval et il vous appartient pendant cinq minutes », c'est quelque chose qui plaît", poursuit Paul Schiellein. 

Comme partout, le nombre d'engagés est en baisse, mais Wissembourg attire toujours des chevaux de toute la France et d'Europe. Son ambiance fait sa renommée et lui assure la confiance de France Galop, la société nationale organisatrice, pour accueillir des courses. 

"Je traverse la France de long en large depuis 40 ans, peu d’hippodromes peuvent se targuer d’une telle ambiance"

Benjamin Bossert

Entraîneur et propriétaire de chevaux

Benjamin Bossert est à chaque fois de la partie. Il est propriétaire et entraîneurs de quatre chevaux, des pur-sang qui sont stationnés à l'année à l'hippodrome de Wissembourg. "Je traverse la France de long en large depuis 40 ans, peu d’hippodromes peuvent se targuer d’une telle ambiance", assure-t-il lui aussi, tout heureux de voir le site qu'il fréquente chaque jour se transformer en fourmilière à l'occasion des courses. 

Trois autres réunions sont au programme prochainement : le jeudi de l'ascension - 14 mai - quatre courses plates et trois courses d'obstacles (une de haies et deux steeple-chase) ; le lundi de pentecôte - 29 mai - quatre courses plates et trois courses d'obstacles (deux de haies et une steeple-chase) ; et le 24 juin en semi-nocturne.

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