EN IMAGES. Bas-Rhin : le concours international des roses nouvelles de Saverne, compétition aussi belle qu'épineuse

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cécile Poure

Cela dure depuis bien plus longtemps que ne dure une rose. L'espace d'un matin comme dirait l'autre. Cela fait désormais 96 ans, que chaque début d'été, Saverne accueille le concours international des roses nouvelles. Des roses inédites, des pures créations, jugées sur leur beauté, leur résistance et leur odeur. Tout un programme.

Le saviez-vous ? Les concours de roses nouvelles est une vieille histoire. Une très vieille histoire de 115 ans. Car des roses nouvelles, il en sort de terre tous les ans depuis 1907. Depuis que Jean Claude Nicolas Forestier, conservateur au service des parcs et jardins de la ville de Paris, créa, au parc de Bagatelle, la première compétition de roses au monde. Et plus exactement de création de roses.

Il en existe aujourd'hui 35.000 variétés dans le monde. Ce qui n'empêche pas chaque année les créateurs de se plier les pétales en quatre pour en inventer de nouvelles. Avec plus ou moins de succès.

Et Saverne n'a pas à rougir de son ancienneté non plus. Elle a été, oui messieurs dames, la deuxième ville en Europe à mettre sur pied un tel concours, en 1924.

Saverne, 96 ans d'épines

Le règlement, inspiré de celui de Bagatelle, prévoyait la plantation de nouvelles variétés deux ans avant leur commercialisation et durant lesquels un jury composé de connaisseurs devait observer et noter ces variétés inédites.

Le principe n'a pas vraiment changé. Aujourd'hui encore le jury comprend une cinquantaine de personnes : représentants de la Société Alsacienne et Lorraine des amis des roses, des rosiéristes professionnels, des membres de sociétés horticoles, des personnalités et amateurs de roses réputés qualifiés, tant français qu'étrangers.

"Cette année, nous avons 64 variétés de roses différentes qui vont être jugées. Elles ont été plantées début 2021 et resteront à la roseraie jusqu'à la fin de l'année puis arrachées sauf si elles sont primées évidemment" explique Jean-Ralph Schmitt, Président des Amis des Roses de Saverne.

Des grimpantes, des touffues, des insolentes, des ras-les-pâquerettes : il y en a pour tous les yeux et toutes les narines. Une seule obligation : être une hybridation, une création originale. Et pour cela, il faut parfois des décades. "C'est vrai que ça devient compliqué de faire du nouveau avec toutes les variétés qui existent déjà mais les créateurs s'en sortent pas mal. Parfois avec un détail qui change tout."

Critères pointus

Les critères de jugement sont donc très pointus : aspect esthétique, feuillage, fleurs, résistance aux maladies et parfum. Les notes vont de 0 à 100. "100 ça n'existe pas, la rose parfaite n'existe pas même après tout ce temps d'hybridation. Les roses médaillées sont celles qui, généralement, dépassent les 70 points." 

Règlement 2022 Concours international des roses nouvelles de Saverne by France3Alsace on Scribd

 

Une fois primé, l'obtenteur peut alors commercialiser sa rose et lui donner un petit nom. Attention "cela peut quand même coûter des milliers d'euros surtout si on choisit une star. La commercialisation d'une rose est assez ardue." Les autres, triste fin, finiront dans le compost et dans l'oubli "c'est le règlement qui l'exige." 

Sur les 64 rosiers présentés, seuls 5 sortiront de l'anonymat. Ils seront exposés jusqu'au mois de novembre puis définitivement admis dans la Roseraie de Saverne qui compte 5000 plants dont 800 variétés. Le monde clos du jardin est une jungle impitoyable.