Bas-Rhin : un promeneur et son chien attaqués par des corneilles à Schiltigheim

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Écrit par Claire Peyrot
Beaucoup de sang mais pas de blessure profonde pour ce Schilikois
Beaucoup de sang mais pas de blessure profonde pour ce Schilikois © Sylvie Heller

Un retraité a été attaqué par des corvidés en promenant son chien mercredi 2 juin dans un parc de Schiltigheim. Un phénomène de défense selon la Ligue de protection des oiseaux, qui recommande d'éviter le secteur quelques temps car les volatiles sont en pleine période de reproduction.       

"Comme chaque matin, je promenais mon chien au parc du bout de la rue de Bretagne [dans le quartier du Marais], un petit "Coton" vous voyez, un genre de bichon... Je me baisse, je sens SCHHH !!! au-dessus de ma tête. Je regarde, je vois un corbeau posé sur la cloture qui commence : croa, croa ! Puis un deuxième. Ils se mettent à me charger, moi et même le chien. J'ai crié : je me fais attaquer par des corbeaux !

Serge Heller est encore abasourdi par la mésaventure qui lui est arrivée mercredi 2 juin dernier et qu'il a rendu publique dans un groupe Facebook de riverains schilikois. Après "l'attaque" de ce qu'il pense être des corbeaux, ce retraité de 65 ans est rentré à son domicile, où il a raconté la scène à son épouse. "Au départ, elle ne m'a pas cru ! Elle me dit : ce n'est pas possible, tu es tombé." Même incrédulité du côté des personnels soignants de l'hôpital Saint-Anne, où Serge Heller s'est rendu pour vérification. "Tout le monde voulait voir ! Ils me disaient : c'est pas possible, c'est Hitchcock !" (en référence au thriller "Les oiseaux" sorti en 1963).

Elles défendent leurs petits

Il n'est pas certain que les oiseaux qui s'en sont pris à Serge Heller soient des corbeaux. "Très souvent, les gens ont du mal à identifier les espèces" assure Cathy Zell de la LPO Alsace. La chargée de mission explique que ce phénomène d'attaque relève plutôt d'un instinct de défense de leur nid et de leur petits. "Il est possible qu'il s'agisse de corneilles" précise Camille Fahrner, du service médiation de la LPO. "Ce sont des oiseaux territoriaux, il y a un couple par territoire".

En ce moment, l'association reçoit de nombreux appels de personnes inquiètes de croiser des oiseaux au sol. Il s'agit de jeunes qui ont besoin de quelques jours pour se muscler avant d'être capables de s'envoler. "Une période d'apprentissage tout à fait normale mais particulièrement stressante pour les parents car c'est un moment où les petits sont très vulnérables" explique Camille Fahrner. "Dès que quelqu'un ou quelque chose approche, ils ont tellement peur pour leurs petits, qu'ils prennent les devants pour éloigner le danger." Il faut alors simplement laisser les petits, ne surtout pas les emmener ou les déplacer. 

Mais à la LPO Alsace, on n'a jamais reçu de signalements "d'attaques" de ce type. "C'est vraiment exceptionnel" ajoute Camille Fahrner. Il faudrait peut-être installer un panneau d'information pour expliquer au public et recommander d'éviter le secteur pendant quelques jours. C'est d'ailleurs ce qu'a fait Serge Heller. "Ma femme m'a interdit de sortir le chien" sourit-il. "Mes enfants m'ont chambré en me disant que les oiseaux m'avaient pris pour un épouvantail. Moi, je ne trouve pas ça très drôle, surtout qu'il y a une école maternelle et un collège à proximité. Je voulais témoigner pour alerter." C'est chose faite, il suffit d'éviter le secteur pour laisser les oiseaux tranquilles. 

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