"C'est un scandale", les parents d'élèves d'une école de Sélestat manifestent contre la fermeture d'une troisième classe

Après une première mobilisation, les parents d'élèves de l'école du Centre à Sélestat (Bas-Rhin) ont manifesté, le 26 juin 2023, au sein de l'établissement pour demander l'annulation de la fermeture d'une troisième classe en trois ans. L'inspection académique assure qu'un comptage aura lieu fin août.

La mobilisation continue, et pourtant l'éducation nationale campe sur ses positions. Une trentaine de parents d'élèves se sont mobilisés dans la cour de l'école du Centre à Sélestat (Bas-Rhin), ce lundi 26 juin, pour réclamer l'annulation de la fermeture d'une classe à la rentrée 2023. 

Dès 7h50, ils se sont réunis dans la cour avant que les élèves ne rentrent dans leur salle respective. Une banderole "Non à la fermeture d'une troisième classe" a été brandie pendant plusieurs minutes afin d'être vue par tous. Une semaine après leur première manifestation, les parents veulent taper du poing sur la table. En effet, deux classes ont déjà été fermées dans cet établissement en 2021 et 2022. 

La décision prise en février dernier par le comité social d’administration spécial départemental du Bas-Rhin (CSA-SD) pourrait ne pas être annulée malgré le mécontentement exprimé. "L'inspectrice de l'éducation nationale de Sélestat est venue à notre rencontre lors de notre mobilisation ce 26 juin. Elle a laissé entendre que rien n'était prévu pour l'école du Centre et qu'une classe pourrait donc définitivement fermer", déplore Jonathan Welschinger, délégué syndical au FSU-Snuipp 67, qui était présent pour soutenir les manifestants. 

21 élèves en plus du seuil indicatif

La dernière réunion de la commission de la carte scolaire n'a pas rendu un avis favorable à l'annulation de cette fermeture. Et, pourtant, selon les parents d'élèves, la situation pourrait devenir ingérable. "Les classes vont être surchargées au niveau CE2, CM1 et CM2, car pour les niveaux CP et CE1 on ne peut pas avoir plus de 24 élèves par professeur. Cela va créer des doubles niveaux et les enseignants vont avoir du mal à gérer", indique Virginie Clouteau, représentante des parents d'élèves à la PEEP (Parents d'élèves de l'éducation publique).

À la rentrée 2023, l'établissement pourrait avoir plus de 30 élèves par classe si la fermeture est actée. "C'est un scandale, c'est une école qui subit injustice sur injustice. Deux classes déjà fermées en deux ans alors qu'ils ont, à ce jour, sept élèves de plus que le seuil indicatif", explique Jonathan Welschinger.

Les élèves Ulis ne sont pas comptabilisés dans les effectifs de l'établissement

Jonathan Welschinger, délégué syndical au FSU-Snuipp 67

Ce seuil indicatif n'est d'ailleurs que peu représentatif de la situation réelle. "Les élèves Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) ne sont pas comptabilisés dans les effectifs totaux de l'établissement. Or, ils se greffent parfois à plusieurs classes pour des activités et des cours", ajoute le représentant syndical.

Au nombre de 14, le dépassement du seuil indicatif dans l'établissement s'établit à 21 élèves. L'effectif total pour la rentrée est passé à 188, supérieur au seuil de fermeture fixé à 182.

Un sit-in pour interpeller la mairie

La fermeture d'une troisième classe fait craindre une situation encore plus difficile, alors que le contexte social de l'école n'est pas favorable. "L'IPS (indice de positionnement social) est de 91,4. La moyenne en France est de 102,8, nous sommes donc à la limite du seuil de 86 des écoles classées en réseau d'éducation prioritaire", affirme Jonathan Welschinger.

Alors que le maire de Sélestat, Marcel Bauer, avait affirmé que la fermeture d'une classe à la rentrée 2023 "ne se justifie plus", il semble s'être mis d'accord avec la direction académique. "Nous avons eu des échos comme quoi le maire aurait donné son approbation à la suppression d'une classe. Nous allons probablement rencontrer les élus municipaux prochainement, en espérant que les choses changent", confie Virginie Clouteau. 

Pour continuer à se faire entendre et à mettre la pression sur la municipalité et l'inspection académique, les parents d'élèves prévoient une nouvelle mobilisation à 16h avec un sit-in dans la cour de l'école et une "possible occupation" si aucun accord n'est trouvé.

De son côté, l'éducation nationale assure qu'un nouveau "comptage" sera effectué fin août afin de prendre une décision définitive. Un délai qui met à mal l'organisation de la direction de l'école du Centre. 

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