Face à la charge professionnelle croissante, ces Alsaciens se sont lancés avec ardeur dans des activités positives qui font du bien "au corps et à la tête"

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Écrit par Judith Jung

Quand on travaille d’arrache-pied du matin on soir, arrive un moment où s’en est trop pour le corps et l’esprit. Il s’agit alors de trouver un moyen de penser à autre chose. Portrait d'Alsaciens qui ont eu le besoin de développer d'autres activités, à côté de leur travail, pour retrouver un équilibre.

Peu importe le métier. Quand on y consacre toutes ses journées, arrive un moment où le corps et l'esprit disent : stop. Pour ne pas craquer, ces Alsaciens ont choisi de se lancer de nouveaux défis et ainsi se vider la tête.

Myriam Jaeckel est infirmière depuis 2009. D'abord en médecine générale et puis elle a réalisé son rêve il y a neuf ans : travailler en libéral. Depuis, elle sillonne la région d’Ingwiller pour se rendre d’un patient à un autre. Un travail qu’elle affectionne, mais qui pompe beaucoup d’énergie.

"Nous enchaînons parfois 7 jours de tournées, parfois 9 ou seulement 4, cela dépend. Des patients qui ont toujours plus besoin de parler et nous prenons le temps de les écouter". Pour décompresser, Myriam a donc décidé, il y a plusieurs mois, de se lancer dans une nouvelle passion. 

Coudre pour ne plus penser à rien

Toujours intéressée par la couture, elle a investi dans des machines à coudre pour confectionner des vêtements pour sa famille. L'idée n'est pas de développer une seconde activité professionnelle mais bel et bien de s'oxygéner les méninges. "Cela fait du bien au corps et à la tête. Je pense à autre chose après le travail qui est tout de même difficile. Il faut savoir se faire plaisir". 

Myriam a suivi des cours pour se perfectionner dans les diverses techniques. Elle consacre des heures à cette activité de loisirs, vitale pour son bien-être et son équilibre.

Avec mon travail de kiné, je suis enfermée toute la journée

Aurélie Heger-Bouhr, kiné

Aurélie Heger-Bouhr, elle, est kinésithérapeute et professeur de yoga. Il y a plus d’un an, elle a décidé d’acheter avec son mari, kiné également, un corps de ferme à Schillersdorf (Bas-Rhin) pour y vivre et y proposer des chambres d’hôtes. 

"Bien sûr que cela nous plaît. C’est tout nouveau, cela fait un an que nous sommes là. C’est à travers mon travail que j’ai trouvé. Une patiente m’a montré la maison sachant que nous cherchions à acheter un bien" raconte Mathieu Bouhr. 

Avec l’aide du père d’Aurélie, ils ont rénové durant plusieurs mois cette maison alsacienne du 18e siècle. Depuis l’été dernier, ils accueillent des touristes dans leurs différentes chambres. Aurélie a toujours aimé la décoration, là elle a trouvé un bon terrain de jeux.

A la recherche d'ondes positives

"Toute petite déjà, je jouais « à l’hôtel ». Je voulais réaliser un rêve et le Covid nous a permis de comprendre que la vie est courte. Quand on veut quelque chose, il faut y croire pour y arriver" nous dit Aurélie "et puis les maux de mes patients augmentent. Il y a beaucoup d'ondes négatives, ici il n'y a que du positif".

Aurélie et Mathieu apprécient leurs patients, mais cette maison leur offre la possibilité  
d’évacuer tous le stress. C’est une nouvelle vie pour eux. "Je pars le matin, rentre le soir et je ne vois rien de la journée. Là, les gens apprécient cette maison. J’aime pouvoir partager cette joie et être plus présente pour mes enfants tout en ayant un travail. Cela vaut de l’or".

Des professionnels de santé en recherche d'air, de simplicité aussi pour ne pas définitivement craquer. Comme eux, toujours plus de personnes tentent de rendre leur quotidien plus confortable. Signe certainement que la société ne pas bien.