Bas-Rhin : la Banque alimentaire lance l'application Proxidon pour lutter contre le gaspillage dans les petits commerces

La Banque alimentaire développe depuis décembre dernier sa plateforme en ligne Proxidon dans le Bas-Rhin. L'idée c'est d'éviter le gaspillage de petites quantités de denrées alimentaires, qui ne peuvent d'habitude pas être récupérées par les camions de la banque alimentaire. Explications.

Des produits alimentaires dans un caddie
Des produits alimentaires dans un caddie © SEBASTIEN LAPEYRERE / MAXPPP

L'application Proxidon est déployée maintenant sur tout le Bas-Rhin depuis décembre 2020. Après la Moselle (57) et la Meurthe-et-Moselle (54), c'est le troisième département du Grand Est qui est concerné. Et le 9e site de la Banque alimentaire à proposer le service, comme en Guadeloupe.

La Banque alimentaire a commencé en 2016 le déploiement de cette plateforme de mise en relation des petits donateurs (petits commerces, supérettes, artisans, agriculteurs...) et des associations, épiceries solidaires et centres sociaux. En partant d'un constat : l'impossibilité pour les camions de la banque alimentaire d'aller chercher de petites quantités ou d'entrer dans certains centres-villes. La plateforme comble donc un manque dans la lutte pour l'aide alimentaire et contre le gaspillage de repas.

Comment ça marche ?

Le principe est simple : un boulanger qui a trop de pain le soir avant de fermer sa boutique se connecte sur l'application Proxidon, il renseigne le don qu'il veut faire (nature du don, nombres de kilos, lieu, et délai pour le récupérer), automatiquement, les associations qui ne sont pas loin et ont renseigné les critères de dons qu'elles acceptent (jours de disponibilité pour venir les chercher, nombre minimum ou maximum de produits, nature des produits) reçoivent un message sur leur ordinateur/telephone.

Premier arrivé, permier servi : la première association qui valide la réception du don peut aller la chercher, dans les horaires communiqués par le donateur. Un circuit court et qui peut aller très vite, voilà l'originalité et la force de ce service proposé par la Banque alimentaire. Et si au bout de quelques heures, personne ne se signale, les deux bénévoles et les deux jeunes en service civique prennent le relai et propose les produits à d'autres associations.

Le schéma suivant explique le principe :

Qui peut donner des produits alimentaires ?

Des petits commerçants, des artisans boulangers, pâtissiers ou boucher, des supérettes, mais aussi des agriculteurs ou des gérants de supermarchés excentrés par rapport à la collecte des banques alimentaires (qui ne peuvent pas aller partout). "Dans un premier temps, dans le Bas-Rhin, nous avons démarché nous-mêmes des commerçants et artisans de centre-ville, mais c'est vraiment compliqué en ce moment", explique Alain Claude, référent Proxidon de la Banque alimentaire 67. "Avec le covid, les commerçants sont très occupés et ils ont souvent plusieurs casquettes. Nous pouvons expliquer comment fonctionne Proxidon en 15 minutes, c'est très rapide. Par contre, pour obtenir un rendez-vous avec un gérant ou un donateur éventuel, ça prend du temps."

Les grandes surfaces de plus de 400 m2, sont obligées de donner leurs invendus alimentaires à des association, depuis la loi Garot de fevrier 2016, sous peine de 450 euros d'amende. Très souvent, elles ont déjà un accord avec la Banque alimentaire.

© Boulangerie-pâtisserie Jost-Maurer

L'association de distribution des invendus voudrait augmenter le nombre de donateurs dans le Bas-Rhin. Actuellement, ils n'en ont inscrit que dix (principalement des petits commerces et des artisans). L'inscription est rapide à faire, et l'application facile d'utilisation. La boulangerie Jost-Maurer, à Dorlisheim, est inscrite depuis quelques semaines. Elle a déjà fait trois dons : du chocolat à Pâques, mais surtout du pain, des brioches et des viennoiseries, restés invendus le soir. C'est à chaque fois l'épicerie solidaire Caritas de Molsheim qui est venue chercher les produits. "Nous sommes ravis", explique Arlette Jost-Maurer, "nous attendions ce genre d'initiative depuis longtemps. Pour nous, malgré nos efforts, c'est très difficile de prévoir les quantités à produire, les fluctuations de ventes sont très importantes d'un jour à l'autre. Alors donner nos invendus, ça nous permet d'éviter de les jeter. Certains soirs, nous n'avons pas assez pour les derniers clients, certains autres, c'est l'inverse, il y a beaucoup de restes. C'est vraiment agréable de savoir qu'ils sont utilisés dans une épicerie solidaire."

Que peut-on donner ?

Des denrées alimentaires, périssables ou non, mais toujours non-périmées, comme pour la Banque alimentaire. En fonction des produits à donner, le délai pour venir les chercher peut être plus ou moins court. La quantité peut être très petite, dès 2 kg de marchandise, et jusqu'à 500 kg.  

Qui peut accepter les offres de don ?

Toutes les associations, les épiceries sociales et solidaires et les centres sociaux. Proxidon en recense 15 dans le Bas-Rhin, principalement des acteurs déjà partenaires de la banque alimentaire. Mais la plateforme est accessible à tous. "Nous avons rencontré une association qui souhaitait pouvoir récupérer des dons via la plateforme, mais elle ne remplissait pas tous les critères, notamment dans ses statuts. Elle va revenir vers nous quand ce sera fait", explique Alain Claude.

 

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