Bas-Rhin : les premières voitures-radar conduites par un opérateur privé circuleront dès le 1er octobre

Le nombre de verbalisations pour excès de vitesse sur les routes du Bas-Rhin pourrait bien augmenter dès cet automne. La raison : des voitures-radar, pilotées dès le 1er octobre, non plus par les forces de l'ordre, mais par un prestataire privé.

Cela fait six ans que le projet était dans les tuyaux. Le 2 octobre 2015, un comité interministériel de la sécurité routière, présidé par le premier ministre d'alors, Manuel Valls, avait décidé de confier la conduite des voitures-radar à des opérateurs privés. Déjà mis en place en Bretagne et en Normandie, ainsi que dans plusieurs départements du Grand Est (l'Aube, la Marne et la Meurthe-et-Moselle), cette nouvelle manière de détecter les excès de vitesse arrive dès le 1er octobre prochain dans le Bas-Rhin. Pour le Haut-Rhin, ce sera plus tard.

C'est l'entreprise Mobiom qui  a été sélectionnée en tant que prestataire, suite à un appel d'offre régional. Dès début octobre, les premières de ces voitures-radar pilotées par Mobiom seront mises en circulation, en remplacement des voitures-radar des forces de l'ordre. A terme, 39 voitures de ce type seront affectées à la région Grand Est.
 

Libérer du temps aux forces de l'ordre et mieux faire respecter les vitesses

Dans un communiqué publié ce 29 septembre 2021, la préfecture du Bas-Rhin précise les deux objectifs de cette évolution. Le premier est de dégager de nouvelles marges de manœuvre pour les gendarmes et les policiers : "libérer du temps aux forces de l'ordre pour le consacrer à des tâches plus qualifiées comme l'interception au bord des routes" concernant l'alcoolémie et les stupéfiants.

Le second est de renforcer la protection des usagers de la route, et mieux faire respecter les limitations de vitesse "en allongeant les plages horaires de circulation de ces véhicules sur les routes les plus accidentogènes."

En clair, si vous avez tendance à appuyer un peu trop souvent sur le champignon, vous aurez davantage de risque d'être repéré et de vous faire verbaliser. Mais selon la préfecture, "les trajets réalisés et les plages horaires de contrôles" ne seront "en aucun cas laissés à la libre appréciation des entreprises ou de leurs conducteurs", mais "fixés par les services de l'Etat en tenant compte exclusivement des critères d'accidentalité locale." 

L'entreprise prestataire n'est pas payée au nombre de PV

Donc, si le nombre de PV augmente ces prochains mois, il ne faudra pas en rejeter la faute sur Mobiom et ses conducteurs. Car le communiqué préfectoral précise bien que l'entreprise n'a aucun avantage à faire du zèle, puis "les entreprises prestataires ne sont pas rétribuées au nombre d'infractions détectées." De plus, "lorsque la voiture-radar circule, son conducteur ignore tout de l'activité de constatation des excès de vitesse, totalement autonome."

Par ailleurs, l'entreprise privée n'aura aucun accès à des données personnelles de conducteurs pris en faute. Elle ne peut "ni accéder aux clichés de verbalisation, ni connaître le nombre d'infractions constatées par le biais des véhicules dont elle a la charge." Les informations recueillies seront décryptées par le Centre automatisé de constatation des infractions routières (CACIR) à Rennes.
 

Depuis le début de l'année, rien que dans le Bas-Rhin, les accidents de la route ont provoqué la mort de trente personnes, et 527 autres ont été blessés plus ou moins grièvement. 

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