Bas-Rhin : des règles vestimentaires jugées sexistes pour le concert du rappeur Hamza dans un club

Publié le Mis à jour le
Écrit par Etienne Merle .

La boîte de nuit le Mille Club, à Bernolsheim, exige un code vestimentaire réservé aux femmes pour la venue du rappeur Hamza, le 30 septembre. Une règle qui choque certaines clientes. Contacté, le responsable de l'établissement reconnaît une erreur.

C'est une petite phrase au détour d'un long texte qui a fait bondir Anne Tanzi. Cette étudiante strasbourgeoise qui espérait revoir l'un de ses artistes préférés, le rappeur belge Hamza, n'achètera pas ses billets, par conviction.

Le Mille Club de Bernolsheim (Bas-Rhin), qui organise l'évènement le vendredi 30 septembre, a demandé un code vestimentaire bien particulier et uniquement réservé aux femmes : "Pour accéder au VIP d’exception, le Mille aime ses dames sexy, tout en laissant quelque chose à l’imagination", écrit l'établissement sur le communiqué de l'évènement.

Ce n'est plus possible que ce genre de discours soit encore banalisé

Anne Tanzi, étudiante strasbourgeoise

Un sous-entendu qui n'est pas du tout du goût d'Anne Tanzi : "J'étais choquée, on nous dit clairement "venez nue". On est en 2022, ce n'est plus possible que ce genre de discours soit encore banalisé. Quand on va en soirée, on y va pour s'amuser, pour fêter quelque chose, pour faire des rencontres, pas pour servir d'appât aux hommes" s'agace-t-elle en promettant de ne plus "jamais mettre les pieds" dans l'établissement.

Car pour les hommes, le Mille Club ne prévoit pas un tel règlement: "Messieurs, habillez-vous pour impressionner. Au Mille, nous aimons nos invités élégants, à l'allure pointue [...] alors évitez les vêtements de sport, les shorts, les bermudas et les sandales."

Du "sexisme ordinaire" pour l'association "DBSP, stop au sexisme !" 

Pour Emanouela Todorova, la fondatrice de l'association "Dis bonjour sale pute, stop au sexisme !", c'est une règle discriminatoire : "Qu'il y ait un code vestimentaire, soit ! Mais ici, on instrumentalise les femmes pour en faire des hameçons. Ce qu'il y a derrière cette phrase, c'est "plus on a de femmes sexy, plus il y aura d'hommes prêts à acheter des bouteilles, plus on remplira les caisses". On prend les femmes pour des objets", s'exaspère la militante qui y voit du "sexisme ordinaire et banalisé très fréquent" dans le milieu de la nuit.

C'est une erreur, nous ne sommes pas comme ça

Le responsable du Mille Club

Contacté ce mardi 27 septembre, le responsable du Mille Club reconnaît une faute : "On a un nouveau membre dans l'équipe, il est allé un peu vite. C'est une erreur, nous ne sommes pas comme ça", assure-t-il, tout en promettant de "supprimer le passage" problématique.

Chose qui n'était toujours pas faite ce jeudi 29 septembre, en début de matinée.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité