Les orthophonistes ont manifesté à Strasbourg pour des salaires plus “justes” à l'hôpital

"Diplôme Bac +5 = salaires Bac +5": les orthophonistes étaient appelés à faire grève jeudi et à se rassembler en France pour réclamer des salaires à la hauteur de leur niveau d'études à l'hôpital, "déserté" par la profession.

Par France 3 Alsace et AFP

Une soixantaine de personnes, essentiellement des étudiantes, s'étaient réunies jeudi en fin de matinée près du siège du Parti socialiste à Paris, à l'appel des principales organisations de la profession, comme la Fédération nationale des orthophonistes (FNO), celle des étudiants en orthophonie (Fneo), la CGT ou encore FO. "On est ortho mais plus à l'hosto, notre salaire n'est pas réglo", ont-elles chanté, munies de pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Marisolde les orthos" ou "l'orthophonie en voix de disparition".

A Toulouse, une centaine d'étudiants et d'orthophonistes ont réalisé un "haka" devant le Capitole, quelque 250 personnes ont manifesté dans les rues de Lyon, une trentaine d'autres s'étant rassemblée à Bordeaux... A 18h, le taux de mobilisation à l'hôpital (grévistes assignés ou non) s'établissait à 7,58%, selon le ministère de la Santé. En ligne de mire, l'"aberration salariale" subie par les orthophonistes hospitaliers, selon la FNO. Avec des revenus à peine supérieurs au Smic (près de 1.500 euros bruts), ces derniers sont payés "comme des Bac+2", alors que leur formation, de 4 ans depuis 1986, a été allongée d'un an en 2013. "Nous sommes venus interpeller le parti de notre ministre" de la Santé Marisol Touraine, a dit à l'AFP Chantal Aubry, de la CFTC, participant au rassemblement parisien. Car les propositions mises sur la table en juin par le gouvernement, comme une première revalorisation équivalant à un bac +3 avant un niveau "bac +4 en 2019", n'ont pas satisfait la profession.

S'estimant en manque de reconnaissance, les orthophonistes ne sont plus attirés par l'hôpital, où ils ne représentent que "950 équivalent temps plein", sur plus de 23.000 professionnels (salariés et libéraux) au total, selon la FNO. "En gériatrie à Mulhouse, je suis seule pour 450 lits", s'est indignée Christine Arcay (FO), qui manifestait à Strasbourg. Pour les patients, la situation représente "un risque réel", a assuré Brigitte Cappe, de la Fédération des orthophonistes de France, rappelant l'importance d'une prise en charge en urgence pour la "restauration des facultés de langage, de nutrition", notamment après un AVC.

Reçue dans l'après-midi au ministère de la Santé, l'intersyndicale n'a pas obtenu gain de cause, les revalorisations proposées aux orthophonistes restant les mêmes, a déploré Bruno Sarrodet, vice-président de la FNO, qui va appeler à participer au mouvement de grève du 8 novembre dans la fonction publique hospitalière Le ministère a rappelé ses propositions pour "renforcer l'attractivité" de la profession: prime d'engagement de 9.000 euros pour des postes prioritaires dans le cadre du projet de soins partagé, à l'échelle de chaque Groupement hospitalier de territoire (GHT), autorisation d'un exercice mixte libéral et salarié (sous statut de fonctionnaire), augmentation salariale échelonnée sur 3 ans, qui atteindra entre 2.675EUR et 4.500EUR brut de plus par an, selon l'ancienneté, au 1er janvier 2019.

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