Ries avec Hollande à la conférence d'Abou Dhabi pour sauver le patrimoine en danger

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La conférence internationale sur le patrimoine culturel mondial en péril commence ce vendredi à Abou Dhabi. R. Ries s'est engagé dans la création d'un réseau de villes "refuges" pour protéger des œuvres appartenant au patrimoine mondial lorsqu'elles sont menacées de destruction. 

Par France 3 Alsace et AFP

De vibrants appels à "l'unité" et à "l'action" ont été lancés par la France, les Emirats arabes unis et l'Unesco à l'ouverture ce vendredi à Abou Dhabi d'une conférence internationale sur la protection du patrimoine en péril. Le Français Jack Lang a qualifié d'"événement historique" la conférence qui réunit des représentants d'une quarantaine de pays et qui se clôturera samedi par l'adoption d'une déclaration politique en présence du président François Hollande et de l'homme fort des Emirats, cheikh Mohamed ben Zayed.

Le maire de Strasbourg est présent pour l'évènement aux côtés du président de la république car il co-préside l’organisation mondiale des Villes - Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). La ville de Strasbourg ambitionne en effet de faire partie de ce réseau des "bonnes volontés" afin, le moment venu, d’offrir un refuge temporaire aux oeuvres appartenant au patrimoine mondial, lorsqu'elles sont menacées de destruction par les guerres par exemple. Car pour Roland Ries, la lutte contre le terrorisme "se joue également sur le terrain de la culture et du patrimoine". 

"(C'est) le temps de la mobilisation internationale: acteurs privés et publics réunis au service de la protection du patrimoine menacé par les guerres, la barbarie et le terrorisme", a déjà déclaré M. Lang, en souhaitant que la conférence soit clairement "tournée vers l'action". "Nous travaillons ensemble pour lancer une initiative mondiale", a déclaré pour sa part Mohammed Khalifa al-Moubarak, président de l'Autorité du tourisme et de la culture d'Abou Dhabi.
Cette initiative a pour objectifs de créer un fonds de 100 millions de dollars et un réseau international de "refuges" pour mettre à l'abri des biens culturels
menacés. "Nous sommes aujourd'hui à un tournant qui nous dicte de travailler ensemble pour préserver le patrimoine et les cultures du monde", a dit le responsable émirati. Prenant ensuite la parole, Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco, a souligné que "jamais dans l'histoire récente, le patrimoine de l'humanité n'a été détruit comme actuellement en Irak et en Syrie". Elle a qualifié de "crime de guerre" la destruction "délibérée" du patrimoine qui, selon elle, s'apparente à du "nettoyage culturel". "Le patrimoine nous rassemble et c'est pour cette raison que certains cherchent à le détruire", a encore dit Mme Bokova. "La protection du patrimoine est inséparable de la protection des vies humaines", a-t-elle souligné en insistant sur la nécessité d'une action collective. "Pour réussir, nous devons travailler ensemble", a dit Mme Bokova. Dans une déclaration à l'AFP, la directrice de l'Unesco a souligné "le rôle crucial" qui revient à son organisation pour identifier et évaluer les besoins prioritaires en matière de protection du patrimoine. "Il y a beaucoup de défis", a-t-elle ajouté, citant aussi "le changement climatique et l'urbanisation". Elle s'est dite "optimiste" sur le financement du fonds envisagé par la conférence d'Abou Dhabi, relevant "une volonté politique" comme en témoigne "la forte présence de chefs d'Etat et de gouvernement" annoncée pour samedi.

Cinquante-cinq sites sur 1.052 biens dans le monde figurent actuellement sur la liste du patrimoine mondial "en péril" de l'Unesco. La communauté internationale s'est indignée ces dernières années des saccages commis par des jihadistes, notamment en Syrie, en Irak, en Afghanistan et au Mali au nom d'un combat contre "l'idolâtrie". 

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