Cet article date de plus de 3 ans

Schiltigheim : du football, les yeux fermés

Jouer au foot quand on est mal ou non voyant, c'est possible grâce au Cecifoot. Une discipline reconnue par la Fédération Française de Handisport et qui compte 200 licenciés en France dont une dizaine à Schiltigheim. Explications.
A les voir évoluer sur le terrain, avec aisance, on a du mal à imaginer que ces joueurs sont non-voyants.
Un bandeau sur les yeux et un tintement de clochette nous le rappellent gentiment.
Mais la beauté du geste est là.
Et l'amour du sport peut être encore plus fort qu'ailleurs.
 

Un sport paralympique


Le Cécifoot, avec le Foot-fauteuil, constituent deux des disciplines de la Fédération Française Handisport (F.F.H) en lien avec le ballon rond.
Appelé aussi football à cinq déficients visuels ou football à cinq DV (en anglais football 5-a-side), est un handisport pratiqué par des athlètes déficients visuels (malvoyants ou non-voyants).
Il est créé en 1987 en France grâce au club As Cécifoot Saint-Mandé.
En 2004, aux Jeux paralympiques d'Athènes, le cécifoot est devenu officiellement un sport paralympique.

Une équipe de France brillante


On compte chez nous près de 200 licenciés mais la discipline y est encore relativement méconnue.
L'équipe de France s'est déjà pourtant distinguée à plusieurs reprises.

Notamment lors des derniers JO de Londres où elle a décroché la médaille d'argent aux JO de Londres.


L'équipe tricolore se classe ainsi au 5e rang mondial sur 40 équipes.
Pas mal non ?
Et c'est le Brésil , qui est ( hé oui encore ) leader. Là bas, la discipline est courante avec plus de 30 clubs.


Le Cécifoot : comment ça court ?


Le ballon de cécifoot renferme une capsule sonore afin de permettre aux joueurs, qui ont tous un bandeau sur les yeux, de repérer le cuir dans l'espace.

Le règlement s’inspire du football en salle édité par la FIFA.

Cependant, quelques aménagements et adaptations sont mis en place pour tenir compte des spécificités du handicap : 
  • Deux équipes constituées de cinq joueurs s’affrontent durant deux périodes de 20 minutes pour les non-voyants et de 25 minutes pour les malvoyants. L’équipe qui marque le plus de buts remporte le match.
  • Une équipe se compose de 4 joueurs déficients visuels, 1 gardien de but voyant ou malvoyant qui oriente la défense, 1 entraîneur sur la touche qui supervise et 1 guide derrière le but adverse pour le localiser. Un bip sonore peut remplacer le guide.
  • Les dimensions du terrain sont de 40 x 20 m et les buts de 3 x 2 m. Les longueurs du terrain sont bordées par une barrière gonflable ou en mousse (1,30 m de haut) pour assurer la continuité du jeu.
  • Le ballon (de couleur contrastée pour les malvoyants) contient des éléments sonores (grelots).
  • Un joueur commet une faute s’il réalise une action pouvant nuire à l’intégrité physique d’un adversaire (défend couché, tient ou bouscule un joueur, touche volontairement le ballon avec la main). Le ballon est rendu à l’équipe ayant subi la faute.
  • Lors d’une action vers le porteur de balle, le défenseur non-voyant doit signaler sa venue en criant “VOY”. La règle du hors-jeu n’est pas appliquée


Du Messi les yeux fermés


L'année dernière, lors des JO paralympiques de Rio, le Cecifoot a eu une place de choix.
Avec ce but qui a défrayé la chronique.

Un but somptueux digne de Lionel Messi que l'on doit à l'Iranien  Behzad Zadaliasghari.
Je vous laisse vous faire votre propre opinion.


A Schlitigheim aussi


Depuis la venue de l'équipe de France en avril 2015 à Schiltigheim pour rencontrer l'Allemagne, le cécifoot prend peu à peu ses marques en Alsace.
C'est d'ailleurs le seul club de ce genre dans le Grand Est.



Née autour de cet événement international, la section cécifoot du Sporting Schiltigheim dirigée par Remi Garranger et Julien Chaussec a officiellement vu le jour en octobre 2015.

Un an et demi plus tard, les deux entraîneurs schilikois organisent ce weekend la coupe de France Cécifoot 2017 au stade de l'Aar, compétition à laquelle participeront leurs deux équipes, composées de joueurs non-voyants (B1) et malvoyants (B2/B3).


Nos journalistes AL Herbet et Valérie Ruiz Suri ont suivi cette semaine l'entraînement de l'équipe.
Regardez.

durée de la vidéo: 02 min 50
Cecifoot ©France 3 Alsace

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
sport football handicap société handisport