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Strasbourg : Carambar et les rochers Suchard de retour sous le drapeau français

La société d'investissement française Eurazeo a racheté à l'américain Modelez les marques Malabar, Carambar et autres bonbons Krema. L'usine strasbourgeoise qui produit les rochers Suchard fait partie de la corbeille et va bénéficier d'importants investissements.
© Maxppp/Jean-François FREY
Malabar, Carambar et autres bonbons Krema repassent officiellement ce 2 mai sous drapeau français, réunis dans un nouveau groupe chargé de revigorer une dizaine de marques emblématiques de friandises pour qu'elles traversent encore des générations de gourmands.

Outre Carambar, les marques ancestrales Poulain, Krema, La Pie Qui Chante et Terry's ainsi que des licences des Pastilles Vichy, des chewing-gums Malabar et des Rochers Suchard sont désormais rassemblées dans le groupe CPK, a indiqué son propriétaire, la société d'investissement Eurazeo, dans un communiqué.

La société d'investissement française, qui avait racheté à l'américain Mondelez fin mars 2016 ce portefeuille de sucreries, dont le chiffre d'affaires est d'environ 250 millions d'euros, vient de "finaliser son investissement". Elle va débourser 35 millions d'euros afin de faire fabriquer "à l'horizon 2020" l'ensemble des produits sur les cinq sites français de production situés à Blois, à Marcq-en-Baroeul, à Saint-Genest, à Strasbourg et à Vichy (750 collaborateurs).

Une chaîne de production de carambar
Une chaîne de production de carambar © Maxppp/Stephane MORTAGNE

La stratégie consiste à augmenter les volumes produits dans les usines "grâce à la redynamisation des marques héritage du portefeuille" pour "donner naissance, à terme, à un champion de son secteur", selon le communiqué. 

Des marques magnifiques au potentiel sous-développé
 


fait valoir Virginie Morgon, directrice général d'Eurazeo citée dans le communiqué.

Des ventes en chute libre

Sur la dernière décennie, la marque Poulain a vu sa part de marché divisée par trois dans le secteur des tablettes de chocolat. Les ventes de bonbons sont elles passées de 30% en 2006 à désormais 18%. Dans le même temps, la marque allemande Haribo marquait des points sur le marché français.
© PATRICK HERTZOG / AFP

CPK, dont la valeur d'entreprise est estimée à 157 millions d'euros, va quasiment tripler les investissements marketing et publicité par rapport à ceux de Mondelez. Le groupe, dirigé par un ancien responsable de Cadbury, Jean-Marc Saubade, a pour objectif de "réaliser une croissance organique supérieure à 20% pour les marques du groupe" et de générer une marge d'excédent brut d'exploitation "d'environ 15%" d'ici à 5 ans.
Il est détenu à 68% part Eurazeo et à 32% par un groupe de co-investisseurs, incluant la direction.

Mettre en valeur le made in France

CPK entend mettre en valeur les ingrédients régionaux et innover en matière de goûts et de texture. C'est principalement sur les réseaux sociaux que le groupe entend miser pour conquérir de nouveaux publics. Un choix dicté par la réussite des "Têtes Brûlées qui ont réussi à faire son grand retour grâce à ce biais.

A Strasbourg, gros investissements pour l'usine Suchard 

Le site strasbourgeois qui fabrique les rochers Suchard repasse donc lui aussi sous pavillon français. L'usine - débaptisée Kraft -  va bénéficier d'une ambitieuse reconfiguration industrielle pour devenir l'une des plus grandes usines du groupe. Elle va intégrer la production des chocolats Terry's présentés sous la forme d'une orange. 
A terme, le site est également destiné à produire les marques Cadbury's, Marabout et Milka.

© Maxppp/L'ALSACE/Dominique Gutekunst/


L'usine sera dotée de nouveaux matériels avec une nouvelle ligne de production pour les chocolats Terry's. Un investissement de 10 millions d'euros est prévu pour cette seule ligne de production. Ainsi, d'ici 2020, 80% des machines auront été remplacées.

Le site, qui sera rebaptisé CPK Production Strasbourg, compte 240 salariés pour lesquels l'avenir est donc assuré. L'objectif qui leur est assigné est d'augmenter le volume de production d'au moins 20% d'ici 5 ans pour passer de 13.000 à 15.000 tonnes produites chaque année.
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