Strasbourg : Coopalim, le seul supermarché collaboratif de la ville, veut se développer et cherche des clients-bénévoles

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Écrit par Noémie Gaschy
Parmi les produits, du local et du bio autant que possible, et de nombreuses références en vrac.
Parmi les produits, du local et du bio autant que possible, et de nombreuses références en vrac. © Steeve Josch

Trois ans après avoir ouvert ses portes, la première et unique coopérative alimentaire de Strasbourg lance une nouvelle campagne d'adhésion, destinée aux habitants soucieux de consommer autrement. Dans ce supermarché collaboratif, les clients travaillent et choisissent eux-mêmes les produits vendus.

Chez Coopalim, le vendeur est également acheteur. Et inversement, l'acheteur est parfois vendeur. Ou s'il préfère, magasinier, livreur, comptable... Bref, il participe en tout cas obligatoirement au fonctionnement de la supérette. C'est le principe de cette coopérative alimentaire, ouverte en 2018 au 7 rue Kageneck, quartier gare à Strasbourg : pour profiter des produits vendus dans le magasin, chaque membre de l'association s'engage à offrir trois heures de son temps par mois.

Acheter autrement, en somme. Le petit magasin est autogéré par des bénévoles, venus chercher une alternative durable à la grande distribution. Acheter mieux, surtout. Contre la modique somme de dix euros l'année, ils se donnent le droit d'être pleinement acteurs de leur consommation.

"Quand on va faire ses courses en grande surface, on ne sait pas d’où vient le produit que l’on achète, comment il est livré, ce qu’il y a derrière. Ici, les adhérents gèrent eux-mêmes la chaîne du début à la fin. Ils reprennent donc vraiment la main, il y a une prise de conscience", confie Armelle Daniel, secrétaire générale et membre fondatrice de Coopalim. Chacun a son mot à dire, à commencer par le choix des produits retenus. Essentiellement du local, du bio, du vrac…

Les producteurs sont soigneusement sélectionnés, pour ce qu’ils font et ce qu’ils sont. "Chez nous, on ne peut pas acheter du fromage de chèvre frais toute l’année, poursuit Armelle Daniel. Notre producteur nous a expliqué qu’il n’a pas de lait en hiver, avant les naissances. Le cycle naturel est respecté. C’est quelque chose qu’on a découvert."

Quant aux prix, pas de stratégie pour gagner de l’argent sur tel ou tel produit, comme dans les grandes surfaces. Chez Coopalim, les marges sont fixes, établies à 20%. Une volonté de "transparence". Juste de quoi couvrir les frais de fonctionnement et notamment payer les deux salariés embauchés.

La coopérative a besoin de membres pour être enfin rentable

Mais si la coopérative ne cherche pas à faire du bénéfice, elle doit s'élargir pour être rentable. Au départ, elle visait entre 1.000 et 1.200 membres. Elle n'en compte pour l'instant que 330 environ. D'où le lancement d'une nouvelle campagne d'adhésion. Objectif : 500 clients dans un premier temps.

"Plus nous aurons de membres, plus le magasin pourra être ouvert. Car nos bénévoles assurent les créneaux d'ouverture. C'est un cercle vicieux : qui dit moins de membres, dit moins de créneaux d'ouverture et si le magasin est moins ouvert, cela fait baisser le nombre de membres et donc les marges", explique Amandine Deguin, membre du groupe de travail communication au sein de l'association.

Pour attirer, Coopalim multiplie les visites de la supérette ces dernières semaines. Une vidéo qui résume le projet a été publiée sur les réseaux sociaux (voir ci-dessous).

Les intéressés peuvent adhérer directement en ligne, sur le site helloasso en suivant ce lien.

Coopalim se veut un projet éthique mais aussi un lieu de vie 

En plus de ses valeurs, la supérette participative met en avant l’ambiance conviviale qui règne au sein de l’association pour séduire de potentiels adhérents. Amandine Deguin a rejoint Coopalim il y a un an et demi, au printemps 2020. Pour la promesse d'une aventure humaine, justement. C'était en plein premier confinement.

"Je venais de m'installer à Strasbourg. Je connaissais le principe de coopérative alimentaire via La Louve, le magasin parisien, et je me suis renseignée pour trouver pareil ici. Je cherchais à m'engager dans quelque chose, dans un collectif, raconte la jeune femme. La contribution de trois heures, je ne la vis pas comme une contrainte, au contraire, cela m'apporte beaucoup. On est un peu tous comme à la maison, embarqués dans le même bateau. Aller dans un supermarché faire ses courses, c'était déprimant. Là, ça n'a plus rien à voir."

Dans ce lieu de vie, les acheteurs sont parfois plus experts que les vendeurs. Et cela ajoute de la saveur au moment. "Lors de mes premières séances de vente, il m'est arrivé de ne pas savoir comment utiliser certaines fonctionnalités du logiciel de caisse, j'ai donc demandé au client comment m'y prendre", sourit un adhérent. Prochainement, lorsque la situation sanitaire aura suffisamment évolué, Coopalim prévoit d'organiser des ateliers (pour apprendre à faire ses cosmétiques par exemple) et d'autres moments d'échanges.

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