Strasbourg : la maire Jeanne Barseghian décide de baisser ses indemnités de 1.200 euros

Promis lors de sa campagne électorale, la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a décidé de baisser de 1.200 euros le montant de ses indemnités lors du conseil municipal du 20 juillet 2020. L'opposition critique cette répartition en faveur des conseillers municipaux délégués. 

Les adjointes et adjoints de Jeanne Barseghian ont pris place à ses côtés le 4 juillet lors du conseil municipal d'installation.
Les adjointes et adjoints de Jeanne Barseghian ont pris place à ses côtés le 4 juillet lors du conseil municipal d'installation. © Ville de Strasbourg
Lors de sa campagne électorale, Jeanne Barseghian (EELV) s'était clairement engagée à baisser le montant de ses indemnités si elle était élue maire. Chose promise, chose due. Le conseil municipal du 20 juillet 2020 a acté cet engagement "permettant de concrétiser l'ambition démocratique" de la maire fraîchement élue le 28 juin. 

Le conseil municipal a statué sur deux délibérations, l'une concernant le montant des moyens alloués aux différents groupes politiques et l'autre les indemnités des élu.e.s. Les indemnités de Jeanne Barseghian ont ainsi été fixées à 4.800 euros bruts par mois, soit 1.200 euros de moins que prévu. Cette "baisse substantielle", comme l'indique la ville dans un communiqué, concerne également le premier adjoint en charge des Finances, Syamak Agha Babaei, dont la rémunération est similaire à celle des autres adjoints , 2.382 euros, soit une baisse de 1.800 euros. Ces décisions sont à l'image d'une volonté politique affichée, celle du partage des indemnités, en plus de celui des responsabilités. Mais l'opposition dénonce une "communication démagogique" trop accès sur "l'économie d'argent public", ce qui n'est pas le cas.

"Ce n'est pas une économie d'argent public"

L'ancien candidat à la mairie de Strasbourg, Jean-Philippe Vetter (LR), ne mâche pas ses mots. S'il n'est pas contre des indemnités importantes en raison "des grandes responsabilités des élus", il souligne l'incohérence entre une "communication autour de la sobriété budgétaire et de l'exemplarité" et la répartition réalisée par la majorité. "C'est une mesure 'Canada dry'. Zéro euro d’argent public sera économisé. Il s’agit simplement d’une redistribution à la discrétion du maire en faveur des membres de la majorité municipale qui verront ainsi leur rémunération augmenter", lance l'opposant. Les conseillers municipaux délégués se verront attribuer une indemnité mensuelle complémentaire allant de 200 à 800 euros selon leurs fonctions supplémentaires. Pour les conseillers municipaux non-membres de l'exécutif, rien n'a changé. Ils toucheront la même somme que lors du précèdent mandat, soit 495 euros. 
 

Une enveloppe restreinte 

L'opposition n'en oublie pas moins les autres rémunérations que devraient toucher la maire et le premier adjoint. Ils ont été respectivement élus président délégué et vice-président de l'Eurométropole le 15 juillet. "Aux indemnités du maire, il faut additionner les indemnités des vice-présidents, soit 2.600 euros en 2017. Monsieur Agha Babaei aura aussi son salaire de médecin urgentiste qu’il choisit de conserver à temps partiel. C’est son choix, mais dans ce cas je ne suis pas sûr que l’on puisse considérer cela comme un effort financier personnel", insiste Jean-Philippe Vetter.

Outre les indemnités des élus, la maire a décidé de réduire le montant de l'enveloppe allouée au groupe majoritaire, Strasbourg écologiste et citoyenne (voir le tweet ci-dessus). "Plutôt que de s'en tenir à la stricte proportionnalité des sièges", cette baisse sera répercutée au profit des trois autres groupes politiques et devrait leur permettre d'exercer leur mandat dans de "bonnes conditions." L'enveloppe du groupe majoritaire est fixée à 155.000 euros pour 47 élu.e.s et les autres se partageront 47.000 euros pour cinq à sept élu.e.s.

 
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