Strasbourg : la majorité municipale en miettes après les législatives

Alain Fontanel, Roland Ries et Philippe Bies / © France 3 Alsace
Alain Fontanel, Roland Ries et Philippe Bies / © France 3 Alsace

Après des élections législatives qui ont vu la défaite de Philippe Bies et d'Eric Elkouby, les couteaux sont tirés au sein de la majorité municipale à Strasbourg. Le maire Roland Ries aura fort à faire pour ramener un peu de sérénité. 

Par Danièle Léonard

Vont-ils tenir encore trois ans ? C'est la question qui se pose alors que s'achève une séquence riche en rebondissements sur la scène politique strasbourgeoise. Souvenez-vous :

Novembre 2016 : les premières brèches apparaissent dans la majorité municipale : Nawel Rafik-Elmrini et Christel Kohler, deux adjointes issues de la société civile annoncent leur adhésion à En Marche !

14 mars : un troisième adjoint, encarté au PS cette fois, se déclare en faveur d'Emmanuel Macron à la présidentielle : Olivier Bitz , en charge des finances et du budget, autant dire un poids-lourd de la municipalité.

4 avril : Michèle Seiler, conseillère municipale PS, rallie à son tour le candidat d'En Marche !

19 avril : Alain Fontanel, 1er adjoint PS au maire, longtemps considéré comme le dauphin de Roland Ries, annonce sur sa page Facebook qu'il votera Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle. 

16 mai : Christel Kohler devient la suppléante de Sylvain Waserman, candidat LREM dans la 2è circonscription du Bas-Rhin. Un "casus belli" pour Philippe Bies, député sortant PS et candidat à sa réélection.

2 juin, une semaine avant le premier tour : Alain Fontanel précise aux DNA qu'il rejoint La République en Marche et qu'il soutient les candidats LREM sur Strasbourg ET Eric Elkouby considéré comme macron-compatible, dans la 1ère circonscription.

3 juin : Mathieu Cahn, adjoint PS chargé (entre autres) de l'animation, publie sur Twitter  un appel de 24 élus municipaux en faveur des candidats PS dans les trois circonscriptions strasbourgeoises. 

4 juin : Roland Ries, le très pacifique et très prudent maire,  est contraint de jouer les arbitres. Dans un communiqué, il rappelle qu'il soutient "naturellement" les trois candidats socialistes.

Cet arbitrage ne suffira pas à éviter la défaite des socialistes.  

11 juin : Philippe Bies est en ballottage défavorable au premier tour des législatives. Il n'obtient que 12,79% des suffrages face à Sylvain Waserman.
Eric Elkouby fait à peine mieux : 13,90% dans la 1ère circonscription, largement devancé par Thierry Michels. Serge Oehler, adjoint chargé des sports, est éliminé impitoyablement dans la 3è.

18 juin : les deux députés PS passent à la trappe au second tour. Philippe Bies dénonce "les ralliements de circonstances, voire carriéristes quand ils ont été tardifs". Allusion directe à Alain Fontanel. Ambiance...

Le PS à Strasbourg

19 juin : Roland Ries tente d'éteindre le feu qui couve. La majorité municipale est fracturée non plus en trois, mais en quatre composantes, inégales : PS, EELV, société civile et La République en Marche.


Mais n'est-il pas déjà trop tard ? Après tout, ce long épisode n'est pas le premier d'une série qui a démarré en 2008, lorsque Roland Ries a introduit le loup (Alain Fontanel) dans la bergerie socialiste strasbourgeoise. Une bergerie dont les moutons sont loin d'être disciplinés. 

On connaît la suite : en 2014, le maire, qui avait annoncé qu'il ne ferait qu'un seul mandat, se représente. Pour apaiser les esprits. Déjà

Les municipales, c'est en 2020, dans trois ans tout juste. Ce sera le prochain grand rendez-vous électoral. Un pronostic ?



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