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Strasbourg : le tribunal administratif rejette le recours contre le GCO

Le tribunal administratif de Strasbourg a rendu sa décision ce matin. Il rejette le recours déposé en juillet dernier par l'association Alsace Nature pour contester le contrat de concession du Grand Contournement Ouest. 

© Maxppp
Le Grand Contournement Ouest est le serpent de mer strasbourgeois par excellence.
Ce projet né dans les années 1970 a été régulièrement abandonné avant d'être relancé à la fin des années 1990. 
 
Pour rappel, il a pour but de délester l'autoroute A35, régulièrement engorgée, qui dessert la capitale alsacienne.


Une histoire houleuse


La concession a été accordée en janvier 2016 à une filiale de Vinci.
Concession contestée par l'association Alsace Nature en juillet dernier devant le tribunal administratif de Strasbourg car ne correspondant pas, selon elle, au projet initial déclaré d'utilité publique ( V article ci dessous ).

Devant le tribunal administratif, l'avocate d'Alsace Nature, Me Marion Badoc avait également souligné l'insuffisance de certaines compensations pour l'environnement, par exemple des passages pour le grand hamster prévus tous les 700 m quand des études préconisent d'en installer tous les 500 m.

Les écologistes dénoncent ainsi la mise en danger par le projet de GCO de ce mammifère emblématique de la région Alsace, qui figure sur la liste rouge des espèces menacées.

En 2012, une première procédure de mise en concession du projet n'avait pas pu aboutir et s'était soldée par le retrait de Vinci.


Coup dur


Premier coup dur pour l'association, le 15 mars,  le rapporteur public dont l'avis est généralement suivi par le tribunal, avait recommandé de rejeter sur le fond cette requête d'annulation.
Le tribunal administratif de Strasbourg a donc suivi cette recommandation ce matin.

Le juge a estimé qu’Alsace Nature, association de protection de l’environnement, n’avait pas d’ « intérêt à agir » contre ce contrat signé avec Arcos, filiale du groupe Vinci.

Car, selon lui,  il « n’implique pas par lui-même la réalisation de travaux, dans la mesure où des études environnementales doivent être effectuées et des autorisations administratives obtenues préalablement aux travaux d’aménagement à réaliser ».

La requête est donc « irrecevable ».


Mobilisation


Ses opposants, défenseurs de l'environnement, riverains et élus de communes qui doivent être touchées par le chantier, organisent depuis des mois des marches de protestation.

Ils construisent une à une des cabanes sur le tracé de la future autoroute, long de 24 km.


"La résistance à ce projet est grande" avait reconnu en juillet le rapporteur public, estimant que si "la mobilisation n'a pas encore l'importance des ZAD (Zones à défendre, un concept popularisé par l'action des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, NDLR), cela y ressemble de plus en plus". 
 
Toutefois, pour le rapporteur public, les modifications apportées au projet "ne sont pas substantielles, les grandes caractéristiques du projet demeurent inchangées" et les arguments avancés par l'association manquent de précision.
 
 
 
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