TEMOIGNAGE - Pour son fils Lilian, blessé par un tir de LBD, une mère lance un appel à la police

Flaure Diessé s'étonne que la vidéo-surveillance permette d'identifier des gilets jaunes mais pas "quatre policiers". / © France 3 Alsace
Flaure Diessé s'étonne que la vidéo-surveillance permette d'identifier des gilets jaunes mais pas "quatre policiers". / © France 3 Alsace

"Que celui qui a tiré sur mon fils demande pardon." La mère de Lilian, ado blessé à la mâchoire par un tir de LBD (lanceur de balles de défense) en marge d'une manif de gilets jaunes à Strasbourg le 12 janvier, lance un appel à la police après le classement sans suite de sa plainte ce 5 novembre.

Par A.B.

"Mon fils a souffert, a changé de vie, a redoublé. Et aujourd'hui, c'est comme s'il ne s'était rien passé. Ce n'est pas possible! On est pourtant dans un pays développé. Il n'y a pas de justice ?", s'interroge Flaure Diessé la voix tremblante. Son fils, Lilian Lepage a été grièvement blessé à la mâchoire le 12 janvier 2019, par un tir de LBD en marge d'une manifestation de gilets jaunes à Strasbourg.

Mais la plaine déposée par sa mère a été classée sans suite après 7 mois d'enquête, le 5 novembre. L'auteur du tir n'aurait pas pu être identifié. Argument irrecevable pour la mère de Lilian. "Je ne comprends. Ce n'est pas possible de ne pas trouver qui a tiré sur mon fils. J'ai regardé les vidéos que les témoins m'avaient données, les photos. On voit bien 4 policiers de la Bac. Avec toutes les caméras de vidéo-surveillance à Strasbourg, on n'arrive pas à identifier celui qui a tiré sur mon fils? Il y a un problème. Avec le système, avec la justice." 
 

Flaure Diessé est en colère. "D'autant que mon fils n'y est pour rien. Il n'a rien fait. Il était sur son chemin de retour à la maison. On n'est pas dans un pays en guerre. On n'est pas censé connaître tous les lieux de manifestation. On peut encore se balader sans se faire tirer dessus." Et se dit aujourd'hui très déçue. "C'est la loi du plus fort, c'est une injustice".
 

"Qu'il pose son arme et me passe un coup de fil"

Elle en appelle donc à la police. A celui qui est à l'origine du tir, "j'ai un message pour celui qui a tiré sur mon fils : s'il a des états d'âme, s'il est un homme, qu'il pose son arme, me passe un coup de fil et demande pardon pour apaiser ma douleur et celle de mon fils. J'espère qu'il m'entend, que c'est un père de famille, qu'il a des enfants pour comprendre ce que je ressens."
 
 

"Il ne veut plus en parler"

Seule satisfaction, la justice a reconnu que Lilian n'est pas un casseur, mais était juste venu en ville s'acheter un blouson. Pour le moment, Flaure Diessé ne sait pas encore quelle suite donner à l'affaire. Son avocat, maître Francis Metzger, n'a pas souhaité faire de commentaire. De son côté, Lilian a quitté Strasbourg pour aller vivre chez son père. Sa mère commente : "il a voulu fuir tout ça. Je pense qu'il le vit mal. Il ne veut plus en parler." 
 

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