Coronavirus : “fermez manèges”, Fraispertuis City connait son premier gros coup de blues

La tête à l'envers. Sans visiteurs, zéro activité. La crainte d'une saison blanche plane sur Fraispertuis city. / © Alexandre Marchi - Maxppp
La tête à l'envers. Sans visiteurs, zéro activité. La crainte d'une saison blanche plane sur Fraispertuis city. / © Alexandre Marchi - Maxppp

Aucune entrée en 2020 pour le parc d'attraction Fraispertuis City. Le site payant le plus visité des Vosges accueille normalement 280.000 personnes par an. La pandémie a fermé l'accès au temple "far west" des loisirs du Grand Est. Gros coup de blues du boss, Patrice Fleurent.

Par Jean-François Didier avec David Bailly

"Nous n'avons aucune visibilité, pas d'infos, pourtant nous créons beaucoup d'emplois et attirons beaucoup de gens qui ont un énorme besoin de s'amuser après le confinement."

- Patrice Fleurent, patron du parc d'attraction Fraispertuis city

Le ton est donné. Un dimanche 3 mai bien triste pour Patrice Fleurent, vendeur de rêves et d'amusements. Joint au téléphone par David Bailly, journaliste à France 3 Lorraine, le fils du créateur du parc et actuel directeur n'a pas la voix enjouée et sa pêche habituelle.

Les nuits sont difficiles, j'emploie beaucoup de monde, des jeunes ou pas qui doivent payer leurs maisons, derrière eux il y a des familles...

Patrice Fleurent, fils des créateurs et patron de Fraispertuis city. / © archives 2018 - David Bailly FTV
Patrice Fleurent, fils des créateurs et patron de Fraispertuis city. / © archives 2018 - David Bailly FTV
Au même titre que les cafés, restaurants et hôtels, son secteur d'activité semble avoir été "oublié" par le gouvernement. Voire pire encore : les parcs d'attractions, zoologiques ou de loisirs qui représentent  des milliers d'emplois et 63 millions de visites annuelles en France n'ont pas été cités par le Premier ministre.

Protocole de réouverture

"Nous avons déposé avec le syndicat professionnel (le SNELAC, syndicat national des espaces de loisirs, d'attraction et culturels) un protocole de réouverture. Avec des règles de distanciation pour les visiteurs et les employés, des masques et des gants, des gels hydroalcooliques pour tous et la désinfection des manèges..."

Tout ça a un coût, c'est sûr, mais nous sommes prêts à rouvrir cet été.

Même si Patrice Fleurent pose certaines conditions de rentabilité à cette éventuelle reprise de l'activité : au pic de la fréquentation, 6000 personnes par jour sont sur le site en plein mois d'août ; le seuil de 4000 entrées semble acceptable au niveau sanitaire et économique pour le patron du village far west. Tout cela pour satisfaire la forte demande de loisir du public, ne pas le décevoir et faire travailler les salariés (16 permanents et jusqu'à 500 saisonniers).

Dans l'attente

"Nous attendons avec impatience, comme tous nos clients qui nous le font savoir sur les réseaux sociaux ou au téléphone, une première annonce concernant les hôtels et les restaurants. Nous devrions suivre, mais la saison sera très courte.

Si c'est pour ouvrir le 15 août, ça ne vaudra pas le coup !

Dans le flou le plus total, le patron du site craint une saison blanche. Même si ses équipes sont prêtes à une réouverture immédiate, l'optimisme n'est pas de mise. La situation est périlleuse. "Dans notre secteur, il y a beaucoup d'investissements. il y a de quoi être inquiet".

Cette année Fraispertuis c'est 900.000 euros d'investissement et 600.000 euros de frais de maintenance.

Heureusement, les partenaires financiers soutiennent encore la société. Quand la trésorerie n'est pas là, Patrice Fleurent peut s'appuyer sur des remboursements échelonnés via des prêts. Mais avec un début d'exercice 2020 nul, l'avenir proche s'est obscurci.

Avec nos partenaires financiers, on essaye de ne pas penser à une année blanche, mais...

"Hello ou bye bye ?". L'avenir des cow boys and girls en suspens. / © Archives - David Bailly FTV
"Hello ou bye bye ?". L'avenir des cow boys and girls en suspens. / © Archives - David Bailly FTV

53 ans d'histoire

Dans le cas ou le parc n'ouvrirait pas, Patrice Fleurent compte sur la fidélité de ses partenaires financiers historiques qui ont soutenu le parc d'attraction depuis 53 ans. Entre espoir, résignation et réalisme, le patron vosgien sait que la situation de son entreprise dépend de l'evolution de la pandémie et du classement "rouge ou vert" des départements. "Tout ça ne dépend pas de nous. Si nous finissons par être entendus, il ne faut pas oublier le rôle important et psychologique que notre secteur peut apporter aux gens dans la phase d'après Covid.

Le besoin de se détendre et de s'amuser est très important"

En nettoyant les surfaces, en repeignant les manèges et en se préparant à appliquer les normes sanitaires, les équipes de Fraispertuis n'ont pas renoncé et sont prêtes à redémarrer. Le boss attend le feu vert.


 

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