Dannemarie : les silhouettes féminines prennent des vacances (et elles ont bien de la chance)

Mercredi le tribunal administratif de Strasbourg a condamné la mairie de Dannemarie à retirer sous huit jours les silhouettes tant controversées. Qu'à cela ne tienne : elles partiront .... en vacances.

Par Cécile Poure

C'est ce qui s'appelle une saga.
C'est même LA saga de l'été.

Entre Ab Fab ( la session de rattrapage c'est par là ) pour le côté glamour kitschouille et Game of Thrones ( encore besoin de la présenter ?)  pour le côté sanglant.
Autant dire un truc assez perturbant.

J'ai nommé : les silhouettes féminines de Dannemarie.

Et le dernier épisode diffusé ne vous décevra pas.
Un vrai cliffhanger.
Comme dit.



Suspens


Mercredi pourtant tout semblait plié.
Comme du vulgaire carton d'emballage.


La Ville, condamnée par le Tribunal administratif de Strasbourg, devait sous huit jours retirer les 60 silhouettes féminines de l'espace public.
Circulez y a plus rien à voir.

Eh bien non.
Premier rebondissement.
La mairie a fait appel de cette décision.

Et comme le recours n'est pas suspensif, il lui faut bien les enlever ces silhouettes de la discorde.
Et fissa.
Enlever oui. Jeter non.
Imaginez que la Ville gagne en appel hein ? ( ça c'est pour la saison 2 )

C'est là qu'un scénariste de génie intervient : Monsieur le Maire.
Second rebondissement.


Summer is coming


Dans un communiqué, Paul Mumbach expose sa brillante idée.
Il lance un appel aux Dannemariens.

Extrait.

"Nos silhouettes sont considérées comme orphelines et nous devons donc les retirer de l’espace public de la Commune. Ces deux derniers jours de très nombreuses marques de sympathie de la population se sont exprimées, notamment afin de recueillir ces figurines.

Nous avons donc décidé de répondre favorablement à ces demandes et de leur octroyer des vacances bien méritées avec la réserve que leur lieu de villégiature soit au centre de Dannemarie, en propriété privée et pour des raisons pratiques, proche d’une voie de circulation."


Voilà, les silhouettes ne partiront pas à la benne mais bel et bien .... en vacances.
Chez l'habitant.
Du Airbnb rural, au calme, tranquille quoi.




Pas très dépaysant je vous l'accorde mais ô combien efficace.
Et mérité !
Imaginez ces pauvres silhouettes si longtemps malmenées, vilipendées, parfois même insultées, prises entre deux feux (tricolores).

Et puis franchement, minces comme elles sont, elles ne prennent pas trop de place.



Carton plein



Du coup, en l'espace d'une demi-journée à peine, toutes les silhouettes ont trouvé un jardin d'adoption.
Carton plein.

Mieux : il n'y en a pas assez pour tout le monde.
Et mieux encore : même les lots de consolation, les soixante autres objets cartonnés, ont été pris d'assaut.
Une chaussure à talon sur la pelouse, c'est tout de suite classe.



Même le premier magistrat de la ville, ne pourra pas avoir sa silhouette. 
Il aurait bien aimé pourtant.
"Priorité aux habitants" nous confie-t-il un brin dépité.

Cérémonie de départ


Et pour leur souhaiter bon vent ....

... la municipalité organise ce dimanche 13 août à 18h une cérémonie devant l'hôtel de Ville.
Cérémonie de départ (en vacances) pour ces silhouettes.


Avec, nous dit Paul Mumbach, "quelques recommandations de bonne conduite",  histoire qu'elles ne s'encanaillent pas trop non plus, déjà que bon hein, certaines sont assez débridées.


Et puis on connaît la chanson


Des vacances à durée indéterminée


Pour la suite, évidemment, on vous tiendra au courant.

Ces dames partiront en vacances pour une durée indéterminée ( qui peut se payer ce luxe aujourd'hui ? je vous le demande ).
Jusqu'à ce que le Conseil d'Etat rende sa décision.
Voire au delà, si elle confirme la condamnation en première instance.

En vacances toute la vie ... ça fait rêver quand même.











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