Bulle d'Air

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La vallée de la Meuse

Juste au nord de Charleville-Mézières où les plaines et les pâtures dispersent plusieurs nuances de verdures, la forêt ardennaise ne concède aux hommes que des clairières où ils ont pu bâtir des villes et des villages.

Par Nathalie Zanzola

La Meuse inaugure ici son cours le plus héroïque. Les chemins de halage ont été transformés en une piste cyclable qui, compte tenu du chromatisme ambiant, ne pouvait qu’être baptisée la « voie verte  Trans-ardennes ».

Seuls les quatre fils Aymon, dont les élans guerriers doivent autant à la légende qu’à la géologie, sont assez énergiques pour se libérer de l’emprise de la forêt qui recouvre chaque parcelle, chaque lopin, ceinture Monthermé. Le fleuve, en disputant à la roche le plus parfait des méandres, a décidé de la forme des quartiers.

À la traversée du vieux massif, les routes, les sentiers, les voies de chemin de fer, les ponts conduisent toujours de la forêt à la forêt.

Le trait égal de l’eau y dessine des profondeurs, soutient la lumière du ciel dans les encaissements du schiste, découpe le paysage sans le désunir,  et prend la couleur de l’ardoise qui fit la réputation de Fumay et continue à en faire le charme.

Au-delà de tout, où que le regard se pose, il y a encore foisonnant, immuable, le vert de la forêt qui est à la fois l’infini de ce pays et son seul horizon.