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Les coulisses d'Enquêtes de Régions à Béziers

Tournage émission Enquêtes de Régions à Béziers le 9 avril 2015 avec Anne Sophie Mandrou et l'invité Nicolas Lebourg, historien. / © France 3 LR
Tournage émission Enquêtes de Régions à Béziers le 9 avril 2015 avec Anne Sophie Mandrou et l'invité Nicolas Lebourg, historien. / © France 3 LR

Une fois n'est pas coutume, nous vous emmenons dans les coulisses de l'émission lors du tournage à Béziers. Des clichés pris pendant une séquence tournée sur les allées Paul Riquet et 3 questions posées à Daniel Call. Il nous parle de son métier de réalisateur et de ses choix sur cette émission. 

Par Isabelle Petit-Felix

Les coulisses d'Enquêtes de Régions à Béziers

 
3 questions à Daniel Call, réalisateur de l'émission

Comment avez-vous construit cette séquence tournées sur les allées Paul Riquet?
DC: 
L’idée générale de départ pour les plateaux de l’émission était de sortir des studios, d’aller sur les sites de l’information ou au moins de placer nos invités dans des décors qui font écho à leur propos.
Ici, pour l’interview de Nicolas Lebourg nous sommes sur les allées Paul Riquet à Béziers où a été tourné le reportage sur le bilan de Robert Ménard un an après.

Nous voulions un lieu vivant, pouvoir croiser des biterrois sans pour autant créer l’animation et encore moins le spectacle. Et le mouvement permet ça, le fait de ne pas se poser. C’est pourquoi Anne Sophie déambule avec Nicolas Lebourg et nous assistons à une discussion. Anne Sophie mène son interview et dans le même temps elle donne le rythme de la marche et gère les temps de pause. On me voit parfois gesticuler pour la faire démarrer ou au contraire ralentir, c’est une manière de gérer les contraintes extérieures.

Bien sûr nous attirons l’attention. Nous essayons de nous fondre mais pas de nous effacer. Nous sommes quand même nombreux et pas très discrets pour une équipe mobile : 3 caméras, de la lumière, du son HF, une assistante, une scripte et une maquilleuse... Les gens s’intéressent un peu, parfois pas du tout. Certains font une photo, puis passent et la vie continue…

Pourquoi avoir choisi le système de caméra portée Steadicam*?
DC: En principe nous tournons toutes les séquences d’interview ou de débat en une seule prise ou « one shot » dans notre jargon. Le but est de garder la dynamique et de la restituer dans la prise de vue. Dans la mesure où chaque séquence dure 8 à 10 min en continu, le système Steadicam est l’outil le mieux adapté pour ce type de tournage car il lisse les mouvements, permet souplesse et fluidité et restitue au mieux le dynamisme de l’interview.

Toutes les séquences doivent être tournées en une seule journée, soit une douzaine d’enregistrements situés sur six à huit lieux ou points de vue différents.
Nous nous déplaçons beaucoup, nous répétons peu, juste des mécaniques pour coordonner les déplacements et les mouvements un peu compliqués. Les temps d’installation sont très rapides et nous attendons très peu ce qui est rare avec une équipe de presque dix personnes. Nous avons réussi à intégrer nos contraintes de mobilité et de rapidité d’exécution en adaptant la forme et l’écriture audiovisuelle et au final, le tournage est un moment très dynamique.

*Steadicam : (marque déposée) Système stabilisateur de prise de vues en « caméra portée », inventé par Garrett Brown, fonctionnant à base de ressorts compensateurs, qui autonomise l'appareil de prise de vues et le désolidarise des mouvements du corps de l'opérateur qui porte le tout. Appelé familièrement « steadi ».

Daniel Call, réalisateur d'Enquêtes de Régions pendant le tournage d'une séquence à Béziers avril 2015. / © France 3 LR
Daniel Call, réalisateur d'Enquêtes de Régions pendant le tournage d'une séquence à Béziers avril 2015. / © France 3 LR


L'équipe technique est visible dans le champ de la caméra . Pourquoi ?
DC: 
Nous avons pris l’option de montrer l’équipe de tournage qui gravite autour des séquences plaçant ainsi l’interview dans sa situation de tournage. Cela crée un climat qui évoque une forme d’authenticité : nous montrons nos points de vue, nos choix de placement, d’utilisation du décor, nos déplacements dans l’espace, l’empreinte que nous laissons dans l’ambiance environnante. Cela témoigne aussi d’une certaine absence de manipulation. Bien sûr, cela nous permet de tourner « one shot » et de garder notre rapidité d’exécution. Tourner en évitant les caméras serait une contrainte qui nous obligerait à beaucoup plus de préparation et de répétitions et pour finir, cela nous ferait perdre de la spontanéité.

On peut aussi dire que l’équipe de tournage « habille » cette émission. Entre les sujets et les plateaux nous avons glissé des petites séquences, des virgules baptisées « clip making of » qui durent entre 10 et 20 secondes. Elles permettent des liaisons ou des ruptures entre les séquences, rythment l’émission et participent à l’habillage de l’émission par un travail graphique de l’image. Elles sont composées des moments de préparation de l’équipe, des invités et d’éléments du décor.
Je crois sincèrement que le téléspectateur aime voir ce qui se passe derrière la caméra, découvrir « comment c’est fait ». Le seul risque c’est que le téléspectateur décroche du propos, il faut trouver le bon dosage et nous nous y employons. Cette façon de travailler participe au final à la signature de l’émission.

Pour finir, je voudrais insister sur l’ambiance de travail qui règne sur ces tournages, tout le monde semble prendre du plaisir dans son travail. On travaille rapidement et avec efficacité sans être « speedés » ou sous pression. Il se dégage un climat à la fois convivial et très professionnel que nos invités ont l’air d’apprécier. J’espère qu’au final tout cela se voit.