• MÉTÉO
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS

Route 67

Du lundi au vendredi à 19h15
Logo de l'émission Route 67

50 nuances de grès rose

Sous une épaisse forêt de pins, le front de taille de la carrière Loegel s’étend sur 250m. de long pour 60 de haut. Au pied du chantier, 3 galeries amènent à la veine d'où l'on extrait l’or rose qui attend là depuis 260 millions d'années. Un endroit impressionnant à visiter le 7 juin.

Par Claire Peyrot

C’est un très grand chantier, dont les reflets rouges et roses varient au gré des changements de lumière. Tractopelles et chargeurs se faufilent tout au long de la journée entre les blocs de grès et la colline de résidus.

Le front de taille témoigne de l’évolution des techniques et de l’histoire de la carrière. Sur la partie la plus haute, jusqu’à 50 mètres au dessous-du sol, la pierre a été creusée. Elle n’est pas d’assez bonne qualité pour être utilisée comme pierre de taille. Il faut descendre à 60 mètres pour trouver la veine, le bon filon.

Une histoire de famille

En 1964, quand Charles Loegel reprend cette carrière, il commence à extraire la matière à l’explosif. Dix ans plus tard, juste après qu’elle ait atteint sa majorité, sa première fille Francine est embarquée dans l’aventure. Ce sera la même chose pour Patrick, Sylvie, Isabelle et Charles, les frères et sœurs. Dès que l’un des enfants souffle ses 18 bougies, il est embauché à la carrière.

Aujourd’hui, la fratrie gère l’affaire conjointement. Comme leur père, les frères et sœurs se sont attelés à améliorer les techniques. Ainsi, en 1983, l’explosif, trop dangereux et trop incertain, est abandonné. Pour préserver la pierre, on le remplace par la découpe au jet d’eau haute pression.
Nouvelle étape en 2012 : la famille Loegel acquiert des haveuses, des sortes de grandes tronçonneuses fabriquées en Italie. Utilisées en sous-terrain, elles permettent une découpe beaucoup plus régulière, avec beaucoup moins de déchets. Moins bruyantes, et plus écologiques, elles arrivent à extraire en une semaine 16 blocs de 25 tonnes chacun.

Ensuite, le grès est acheminé vers les ateliers. C’est là que les tailleurs de pierre sont à l’œuvre. Dans l’une des deux salles, ils travaillent encore à la main, à la fabrication de moellons pour construire des murs.

Le défi des nouveaux débouchés

Dans un deuxième atelier, on trouve une scie à commande numérique acquise récemment avec l’aide financière de la Région Alsace. Un peu comme une imprimante numérique, elle travaille sur plan, de manière autonome, et permet d’infinies possibilités : cette machine peut réaliser très rapidement des motifs géométriques, la maquette de n’importe quel objet qu’on aurait scanné. « Votre buste en grès des Vosges, c’est possible » sourie Fabrice Stroh.

Le responsable commercial et marketing est le dernier arrivé dans l’équipe. Il a été recruté en décembre dernier car la carrière a deux défis à relever prochainement : d’abord la succession de la fratrie, qui atteint peu à peu l’âge de la retraite, la relève sera pris par un ou plusieurs neveux. Second challenge : la recherche de nouveaux débouchés et de nouveaux clients pour le grès des Vosges. « On pourrait penser que le grès c’est seulement la cathédrale de Strasbourg, le Palais Rohan ou les anciennes maisons avec les encadrements de porte, mais l'idée de la carrière c'est de remettre au gôut du jour le grès avec des produits plus tendances, design, contemporains... » explique Fabrice Stroh.

C'est tout l'esprit du nouveau catalogue. De nombreux modèles seront présentés le 7 juin, lors des journées portes ouvertes, de 10 heures à 17 heures. A chaque édition, ces journées attirent de 1.000 à 3.000 visiteurs.

La carrière Loegel en images

 

Route 67 Carrière Loegel
Le reportage de C. Peyrot, A. Stahlschmidt, C. Singer et J. Gutleben.

 

La sortie du Fioul en question