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Rund Um

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“L'alsacien doit continuer d'exister” pour Lise, 12 ans, qui participe à sa troisième colo dialectale

Roland Rinnert, bénévole de l'association "La clé des champs" qui s'occupe des animations à la ferme et les enfants avant la dégustation de fromages. / © J.Jung/France 3 Alsace
Roland Rinnert, bénévole de l'association "La clé des champs" qui s'occupe des animations à la ferme et les enfants avant la dégustation de fromages. / © J.Jung/France 3 Alsace

Permettre aux enfants de parler alsacien entre eux et d'offrir à ceux qui pratiquent la langue régionale ou l'allemand à l'école le moyen de continuer à la parler  durant les vacances, c'est le but des colonies dialectales. 

Par Judith Jung

"Je viens pour la troisième fois parce que j'aime parler alsacien" nous confie Lise, 12 ans, quand nous la recontrons à la ferme. Ce jour-là, elle était de sortie à la ferme pédagogique du Luppachhof à Bouxiwller (Haut-Rhin) avec 17 autres petites copains. Tous sont inscrits à la colo "ùff Elssasisch" (en alsacien) organisée par le Filal (Fonds international pour la langue alsacienne). Le but étant, naturellement, de permettre aux enfants de parler alsacien entre eux et d'offrir à ceux qui pratiquent la langue régionale ou l'allemand à l'école le moyen de continuer à la parler durant les vacances.

Une colonie adaptée pour parler alsacien tout le temps

Parmi les 18 enfants, âgés de six à douze ans, qui sont inscrits cette année, huit ont déja participé aux colonies des années précédentes car ils apprécient de pouvoir échanger en alsacien : " dàs mini Kìnder s'redde - j'aimerais le transmettre à mes enfants" nous dit Lise entre deux ateliers. Fabrication de fromage, traite, balades, chants, les activités sont celles d'une colonie de vacances classique sauf que là tout se passe en langue régionale. Pour Christiane Metzger, responsable de l'oganisation de la colonie, il est important de proposer un bain linguistique constant. "Certains enfants sont scolariés dans des écoles ABCM, les autres sont dans les classes bilingues de l'Education nationale. Nous comptons un animateur pour cinq enfants pour les stimuler en permanence car, naturellement, ils repasseraient au français et c'est bien de ne pas perdre les acquis durant les vacances"

Rajeunir les locuteurs

Si près de 600.000 personnes parlent encore cette langue, moins de 5% des enfants de moins de dix ans la pratique. La colonie de vacances prévue dans le Bas-Rhin a d'ailleurs dû être annulée, faute de participants. Mais les acteurs qui oeuvrent, au quotidien, au développement de l'alsacien et à sa revivification ne baissent pas les bras. Pour eux, il est primordial d'introduire la langue dès le plus jeune âge, même au sein de familles non dialectophones. Et les colonies doivent permettre une approche ludique. Dans l'absolu, le Filal aimerait ouvrir des crèches immersives où la pratique de l'alsacien serait quotidienne. "Je fais partie d'une troupe de théâtre et notre public se réduit comme peau de chagrin" nous livre Justine Luttringer, institutrice d'alsacien et animatrice de la colo, "apprendre notre langue à ces jeunes nous permettra aussi de rajeunir l'âge des locuteurs". 
 


 

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