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Le business gagnant de l'asperge en Alsace

En Alsace, les producteurs cultivent essentiellement l'asperge blanche. / © France 3 Alsace
En Alsace, les producteurs cultivent essentiellement l'asperge blanche. / © France 3 Alsace

Depuis cinq ans, la production d'asperges a augmenté de 30% en Alsace. Une hausse qui répond à la demande des clients de la région. Pour produire plus, les agriculteurs ont perfectionné leurs techniques et rivalisent désormais mieux avec la concurrence venue d’Allemagne et des Landes.

Par Noémie Gaschy

Les premières asperges sont sorties de terre à la fin du mois de mars en Alsace. Un début de récolte précoce...c'est la tendance ces dernières années, car les agriculteurs veulent vendre des asperges de début avril à fin juin. Ils ont donc fait en sorte d'augmenter leur production, 30% en moyenne, en cinq ans.

A Dorlisheim, Pierre Maurer, le plus gros producteur alsacien, a mis en place tout un système de bâchage. En fonction du nombre et du type de bâches qu'il utilise - une transparente pour faire monter la température sous le plastique, une blanche pour la refroidir, une noire pour conserver la couleur blanche des légumes - certaines asperges peuvent être récoltées avec trois semaines d'avance, d'autres avec trois semaines de retard.
 

La récolte plus longue d'un mois

Dans le même but, il joue également avec l'orientation et l'inclinaison de ses parcelles. Il plante des variétés précoces sur celles orientées plein sud, des tardives sur celles orientées au nord. Depuis 30 ans, ces techniques lui ont permis d'augmenter sa période de récolte d'un mois, et donc de vendre davantage. 

Une réflexion, associée à un meilleur équipement. A Raedersheim, dans le Haut-Rhin, Christophe Haenni a investi 80.000 euros il y a six ans dans une calibreuse électronique. 700 tonnes d'asperges peuvent ainsi être lavées et triées chaque jour, trois fois plus qu'auparavant.

Autres stratégies : il propose un prix constant du début à la fin de la saison et a fait exploser le panier moyen de ses clients, en transformant son magasin d'un simple comptoir à un libre-service, où ils peuvent se servir directement sans être pressés par une file d'attente derrière eux. Simple, efficace. Christophe Haenni vend 80 % de sa production directement sur son exploitation. 
 

L'asperge, un produit touristique 

Les agriculteurs sont ainsi devenus de vrais chefs d'entreprise. "En moyenne, un Français mange 500 grammes d'asperges contre 2,5 kg pour un Alsacien, explique Pierre Maurer. Il y avait un marché, on s'en est emparés. On a fait en sorte d'être capables de livrer ces 2,5 kg".

Les producteurs se sont réunis dans une association pour soigner l'image de l'asperge. Ils en ont fait un produit marketing, touristique. Pierre Maurer a ouvert un restaurant à côté de son exploitation à Dorlisheim, particulièrement fréquenté à la période des asperges.

Des bus de touristes viennent déguster le légume après avoir vu sa préparation. Les visiteurs passent par le magasin en sortant de table, et y lâchent évidemment quelques billets. Il serait dommage de repartir sans les bonnes asperges qu'ils viennent de savourer...
 

Un dixième de la production française

Un travail, dans les champs et en-dehors, pour stimuler la production et faire vivre l'asperge d'Alsace. Depuis l'augmentation des prix après l'instauration d'un salaire minimum, l'Allemagne n'est plus un rival aussi sérieux qu'elle a pu l'être.

La principale concurrence vient des Landes, où les producteurs peuvent cultiver d'énormes surfaces de terre sableuse et vendre leurs asperges dans tout le pays à des prix qui, quantité oblige, sont relativement bas. Avec 2000 tonnes d'asperges, les agriculteurs alsaciens ne produisent qu'un dixième de la production française.
 

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