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“C'est la pire chose avec laquelle je dois vivre”, Michèle Lutz, maire de Mulhouse, revient sur la crise sanitaire et les nombreux décès dans sa ville

Arrivée du coronavirus, installation d'un hôpital militaire, nombreux décès, la maire de Mulhouse évoque ces derniers mois difficiles / © E.Gambette/France Télévisions
Arrivée du coronavirus, installation d'un hôpital militaire, nombreux décès, la maire de Mulhouse évoque ces derniers mois difficiles / © E.Gambette/France Télévisions

Alors que la crise sanitaire est loin d'être terminée, Michèle Lutz nous accorde une interview dans laquelle elle revient sur les derniers mois passés à la tête de la ville de Mulhouse, l'un des foyers de contagion le plus important en France.

Par Judith Jung

Comment un virus parti de Chine pourrait-il semer la panique en Alsace et plus précisément à Mulhouse ? Impensable il y a encore six mois et pourtant... Début mars 2020, Mulhouse deviendra, en quelques heures, l'un des plus grands foyers de contagion en France.

Face au mur, il faut agir

"D'abord, j'ai eu peur, comme tout un chacun. Je crois que ma première pensée a été : que faire pour que cela ne prenne pas trop d'ampleur. J'ai eu peur pour ma famille, pour les Mulhousiens, pour les enfants... Pendant quelques secondes, je me suis retrouvée face à un mur. Puis je me suis dit : "Tu es la maire de cette ville. Tu dois protéger tes concitoyens !" raconte Michèle Lutz qui a très vite dû comprendre le virus pour poser les bonnes questions et prendre les bonnes décisions, les meilleures possibles du moins.

Fermetures des classes et des lieux culturels, couvre-feu, Michèle Lutz sera la première à devoir prendre ces décisions. Des actions parfois mal comprises, mais l'actualité lui donnera raison. La ville enregistrera de plus en plus de malades. Et le 20 mars, c'est à Mulhouse que le premier hôpital militaire sera monté. "D'une part, on était soulagés. Il a permis de soigner les malades. Mais d'autre part, c'était étrange de le voir là, de savoir que c'était une absolue nécessité. On aurait pu se croire en guerre".

Une guerre sanitaire durant laquelle plus de 1.400 personnes décèderont dans la ville. "Certaines familles ont compté plusieurs malades. Cela a duré des mois. Et finalement leurs proches sont décédés. C'est certainement la pire chose avec laquelle je dois vivre" nous confie Michèle Lutz.

L'engagement devient encore plus grand

Une crise loin d'être finie qui laissera de traces et qui lui aura permis de s'engager encore davantage. Elue pour la première fois en son nom lors du second tour des élections municipales, le 28 juin 2020, Michèle Lutz dit être plus forte aujourd'hui : "une telle crise permet de se tester, de savoir qui l'on est réellement". Aujourd'hui, elle sait aussi qu'elle devra se débrouiller dans sa ville sans l'aide promise de l'Etat. Et si - ce qu'elle n'espère pas - la maladie se propageait à nouveau, elle serait prête, cette fois.