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Les cabines téléphoniques n'ont pas dit leur dernier mot

Autrefois indispensables, les cabines téléphoniques ont disparu du paysage urbain, évincées par les portables. Depuis leur démantèlement, certaines mairies trouvent des astuces pour reconvertir d'anciens publiphones en boîte à livres ou cabine à défibrillateur cardiaque.

Par Carine Feix

Elles étaient bien moins attirantes que leurs cousines britanniques, rouge vif. Souvent, leurs parois étaient couvertes de tags, le combiné décoré d’un vieux chewing-gum desséché... Et pourtant, lorsqu’on repense aux anciennes cabines téléphoniques grises qui décoraient nos rues, on en deviendrait presque nostalgique.

Depuis fin 2017, toutes les anciennes cabines ont quitté l’espace public, démontées par l’opérateur Orange (anciennement France Télécom).  Dans les années 1990, lorsque le publiphone à carte était à la mode, on en dénombrait plus de 4100 en Alsace. Chaque commune en était dotée.

Une cabine à livres à Pfaffenhoffen

Pour ceux dont l’humeur est rêveuse, il est possible de renouer, un peu, avec ce passé. A Pfaffenhoffen, comme dans d’autres communes, une ancienne cabine téléphonique a été transformée en boîte à livres. Après avoir été oubliée durant dix ans dans une remise, elle a retrouvé une place centrale.

Corinne Enderlin, bénévole à la bibliothèque municipale, se dit même étonnée de son succès : « Certains viennent de loin pour donner et emprunter des livres. On retrouve toujours un indice dans les ouvrages... parfois, une facture, une adresse, d’autres fois, même, une lettre d’amour! »

Une cabine-défibrillateur

A Rohrwiller, le maire, Laurent Sutter, est allé encore plus loin. Durant trois ans, il a cherché à acquérir d’anciennes cabines téléphoniques pour sa commune, afin de les retaper et d’y intégrer un défibrillateur cardiaque. Le but étant, pour lui, de  « rendre les défibrillateurs accessibles à tous, à tout moment. »

Ainsi, il a trouvé, presque par hasard, trois anciennes cabines chez un ferrailleur de Schweighouse-sur-Moder. Les employés communaux les ont ensuite repeintes en vert (la couleur du défibrillateur), nettoyées, équipées d’une lumière et d’autocollants explicatifs sur les vitres. Puis, elles ont été installées à côté des écoles et de la salle des fêtes, ainsi que devant la caserne des pompiers.

Une relique à Rimbach

Pas de nostalgie, en revanche, à Rimbach-près-Guebwiller.  Ici, la cabine téléphonique dernière génération est encore en place, et pour cause : la commune se situe toujours en zone blanche. Pas de réseau, donc pas de portable. Et comme l’opérateur l’a rappelé au maire, le village doit légalement être doté d’une cabine, pour que les usagers puissent appeler les secours en cas de besoin. 

Or, comme l’explique le premier édile, Alain Furstenberger, « la cabine n’est utilisée qu’une à deux fois par an... En 2020, il n’y a eu aucun appel. » D’ailleurs, la mise en place du réseau, c’est son dada. Il en a fait une promesse de campagne. Et d’ici à fin 2021, Rimbach devrait se doter d’une antenne. Fin de l’histoire alors pour la cabine. Sans aucun regret, semble-t-il, pour le maire... « On pourrait se servir de la place pour y mettre des livres! » Ceux-là attireront peut-être plus de public...

 

Les cabines téléphoniques n'ont pas dit leur dernier mot