Rund Um

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Dans la chaleur de la Manufacture de Klingenthal

© J.Jung
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Klingenthal doit son existence à l'installation, en 1730, de la Manufacture d'armes demandée par Louis XV.
Aujourd'hui, les 700 employés de la Manufacture ont laissé place aux membres de l'Association de Sauvegarde du Klingenthal. La maison ouvre ses portes ce week-end!

 
 

Par Judith Jung

Dans la chaleur de la Manufacture de Klingenthal

La politique économique et industrielle de Colbert donne naissance aux Manufactures Royales dans différents secteurs de l'industrie. Les lettres patentes accordées par le Roi, leur confèrent un titre et un certain nombre de privilèges.
Jusqu'au début du XVIIe siècle n'existait pas, en France, de Manufactures forgeant des lames pour armes blanches. Les fourbisseurs français importaient l'essentiel de leurs fournitures en lames de Solingen (Westphalie).
Louis XV décide d'y remédier. Le Secrétaire d’État à la Guerre, ancien Intendant d’Alsace, Nicolas Prosper Bauyn d’Angervilliers est chargé d’établir une manufacture d’armes blanches dans le Royaume de France afin de ne plus dépendre de Solingen pour l’approvisionnement en armes.

Le 15 juillet 1730 le Roi délivre des lettres patentes pour l'établissement d'une Manufacture royale d'Armes blanches en Alsace, pour une Durée de 30 ans pour les troupes au service du Roi à Henri Anthès qui exploite et dirige différentes forges en Haute-alsace (Haut-Rhin actuel) et à qui le choix du site et l’installation de l’établissement incombent. Il choisit la Vallée de l’Ehn en amont d’Obernai pour diverses raisons :

-présence du cours d’eau qui apporte l’énergie nécessaire au fonctionnement des usines
-nombreuses forêts pour la construction des bâtiments et la fabrication du charbon de bois
-carrières de grès pour la construction des bâtiments et pour les meules à aiguiser
-proximité du Rhin pour le transport de l’acier venant de Siegen et de l’Arsenal de Strasbourg pour l’écoulement des armes
-proximité des autres matières premières
-dialecte alsacien en usage dans la région qui permet aux premiers ouvriers venus de Solingen de mieux s’intégrer.

Quentin Bigot