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E Friehjohr fer unseri Sproch, le Printemps de la langue régionale, tout en musique à Sélestat

A Sélestat, le traditionnel spectacle aux Tanzmatten prend une nouvelle forme cette année, en raison du contexte sanitaire. / © Christian Laemmel
A Sélestat, le traditionnel spectacle aux Tanzmatten prend une nouvelle forme cette année, en raison du contexte sanitaire. / © Christian Laemmel

Alors que toutes les manifestations sont annulées, la ville de Sélestat a décidé de tout de même concocter un programme dans le cadre du festival "E Friehjohr fer unseri Sproch" (Printemps pour la langue régionale) adapté au contexte sanitaire. Tout en musique !

Par Muriel Kaiser

Cette après-midi-là, pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire, 50 résidents de l'EHPAD Les Maisons du Dr Oberkirch se retrouvent, ensemble. Pour partager un moment musical, dans le cadre du Printemps pour la langue régionale. Deux musiciens de l'ensemble folklorique Haut Koenigsbourg proposent deux heures de musique. Dans leur répertoire, des chansons anciennes que les personnes âgées connaissent par coeur.

Certains chantent, d'autres tapent dans leurs mains... et se lèvent pour danser ! Accompagnés par une animatrice, plusieurs prennent plaisir à bouger sur le rythme de la musique. "Je connais toutes les chansons, alors je chante quand ils jouent", raconte Marguerite Schulze. "C'est fabuleux, j'adore !", s'enthousiasme Lucienne Stephan. "Moi aussi, je faisais de la musique il y a des années", ajoute Simon Robert. Tous ont un lien avec la musique. Certains expliquent écouter régulièrement des CD dans leur chambre, d'autres confient que les morceaux joués leur rappellent des souvenirs...

Deux heures d'aubade folklorique qui ravit les résidents de cet EHPAD sélestadien. / © Christian Laemmel
Deux heures d'aubade folklorique qui ravit les résidents de cet EHPAD sélestadien. / © Christian Laemmel

Les animatrices ont l'air émues de voir les résidents partager ce moment ensemble. "Cela faisait si longtemps que ce n'était pas arrivé ! Ils attendaient vraiment ce moment", confie Sabine Schilt. Cela leur fait d'autant plus chaud au coeur de voir les personnes âgées sourire et chantonner. Les musiciens, eux aussi, se réjouissent : "nous retrouvons un public ! Peu de musiciens ont la chance de se produire autre part que chez eux", estime Patrick Herzog, président de l'ensemble folklorique Haut Koenigsbourg. "Les gens ne peuvent pas sortir, alors c'est nous qui venons chez eux pour leur apporter un bon moment musical", enchaîne Roby Kuhry, musicien de l'ensemble. Surtout, "ils ont tous des étoiles dans les yeux quand nous venons. Un lien s'est créé avec les années, alors on est très heureux de se retrouver", poursuit Patrick Herzog.

Sur la scène des Tanzmatten, des enfants, âgés de 4 à 12 ans. Ils sont accompagnés de deux papas musiciens, et interprètent "Unseri Wurzla" de Robert-Frank Jacobi. Le traditionnel spectacle donné tout un dimanche après-midi ne peut bien sûr pas se tenir cette année, mais ce groupe d'habitants du coin est tout de même content d'être sur scène. "On ne peut pas faire chanter 40 enfants comme c'est le cas normalement, et il n'y a pas de public", explique Ludovic Huck. "Mais c'est bien de marquer le coup tout de même", poursuit-il.

Aux Tanzmatten, ce petit groupe d'habitants interprète une chanson hautement symbolique, "Unseri Wurzla" ("nos racines"). / © Christian Laemmel
Aux Tanzmatten, ce petit groupe d'habitants interprète une chanson hautement symbolique, "Unseri Wurzla" ("nos racines"). / © Christian Laemmel

En effet, cette année, la commune a décidé de passer par le numérique, les réseaux sociaux mais aussi les médias. "Nous voulons tout de même fêter le Printemps de la langue régionale en nous adaptant au contexte. L'année dernière, nous avons dû annuler deux semaines avant, c'était triste pour tout le monde. Alors c'est un honneur de pouvoir faire rayonner l'alsacien de Sélestat à travers toute l'Alsace cette année, par le biais de votre émission, par exemple !", s'exclame Philippe Rauel, responsable du service des festivités de la ville de Sélestat.

La chanson choisie s'ancre dans cette volonté de transmission de l'alsacien. "Le but, c'est que les enfants l'entendent et le parlent", explique Marc Hamm. Il le parle d'ailleurs avec ses deux enfants, Eli, 7 ans et Abella, 4 ans, également sur scène. "Nos racines - le titre de la chanson - nous ne les oublions pas, elles sont toujours présentes, elles font partie de nous", poursuit-il. L'alsacien est la langue maternelle de plusieurs des choristes. Certains enfants, pourtant, ne parlent pas le dialecte et sont ravis de l'apprendre ici. "Mon papy, ma mamie, mon papa et ma maman veulent que j'apprenne l'alsacien. Je trouve qu'en chanson, c'est une langue merveilleuse", conclut Eléanore Riester, 7 ans.