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Rund Um

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Pour faire face au manque de fourrage lié à la sécheresse, les paysans s'entraident même en hiver

Les brebis brouteront ce colza jusqu'au mois de mars / © T.Sitter
Les brebis brouteront ce colza jusqu'au mois de mars / © T.Sitter

2018 a été une année terriblement sèche et les choses ne s'arrangent pas. Pour faire face au manque de fourrage Hervé Wendling, éleveur de moutons à Kurtzenhouse (Bas-Rhin) a demandé à un agriculteur du village de pouvoir faire paître ses 400 bêtes sur un énorme champ semé d'engrais verts.

Par Judith Jung

En 2018, la sécheresse a causé du tort à toute la branche agricole et les choses ne s'arrangent pas. Si les éleveurs bovins se sont organisés entre eux, parfois, pour combler les manques de fourrage des uns et des autres, Hervé Wendling, éleveur de moutons à Kurtzenhouse (Bas-Rhin), a demandé à un agriculteur du village de pouvoir faire paître ses 400 bêtes sur un énorme champ semé d'engrais verts.

"Sans cette solution, j'aurais dû vendre une partie de mes bêtes"

Autour de sa bergerie, pas un brin d'herbe n'a poussé, alors comment faire pour trouver la nourriture nécessaire pour que ses moutons passent l'hiver avec assez de fourrage ? Hervé Wendling est allé voir un collègue agriculteur pour lui demander si ses moutons pouvaient paître sur ses trente hectares de champs semés de colza (une des nombreuses espèces d'engrais verts) et ce dernier a accepté. Une solidarité paysanne qui permet à l'éleveur d'avoir le fourrage nécéssaire jusqu'au printemps et ainsi proposer une nourriture suffisante à ses brebis en gestations.  Les 400 brebis brouteront donc à tour de rôle (par groupe de 200) le colza jusqu'au début du printemps. Pendant que certaines sont sur le champ, les autres reste à la bergerie.
 
Les brebis à la bergerie mangent de l'orge, du triticale et des graines de soja séchées / © J.Jung
Les brebis à la bergerie mangent de l'orge, du triticale et des graines de soja séchées / © J.Jung

"Ces moutons sont bénéfiques sur mon champ"

Pour l'agriculteur, cette situation lui est profitable également. Comme chaque automne, Marc Moser sème des engrais verts (du colza cette année) sur ces champs pour les protéger et les nourrir durant l'hiver (les engrais verts fixent l'azote dans le sol qu'ils fertilise) avant de les labourer au printemps. Il n'aurait donc rien fait de ce colza. Laisser brouter des moutons sur ses terres ne lui posait donc aucun problème d'autant plus que les déjections de ces bêtes sont utiles au champ. Un échange gagnant-gagnant donc, qu'ils réitéreront si la sécheresse se poursuit en 2019.






 

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