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Gries, l'ambitieux Petit Poucet du basket français

La salle de Gries est pleine à chaque rencontre. / © France 3 Alsace
La salle de Gries est pleine à chaque rencontre. / © France 3 Alsace

Pour sa première saison en Pro B, la deuxième division du basket français, le BCGO est parvenu à se qualifier pour les play-offs, trois journées avant la fin du championnat. Une performance qui dépasse les espoirs du club, petit au milieu des grands et toujours animé par des bénévoles.

Par Noémie Gaschy

Au Basket Club Gries Oberhoffen, la fin de saison s'annonce passionnante. Il va disputer les play-offs d'accession à la Jeep Elite, quelques mois tout juste après être monté en Pro B, le deuxième échelon français, pour la première fois de son histoire. Gries, petit village de 2.800 habitants, se fait un nom au milieu des cadors du basket français.
 

Pour rivaliser avec Nancy, Caen, Lille ou Roanne, le club a dû s'adapter à l'intersaison. Le budget est passé de 800.000 euros à 1,2 million dont 480.000 euros de masse salariale, bien loin malgré tout des 700.000 de moyenne dans le domaine en Pro B. Les paniers ont été changés, le parquet poncé et re-dessiné, les sièges des tribunes remplacés. 

Mais l'âme du BCGO, elle, est toujours là. Comme au niveau amateur il y a quelques années, la restauration et la sécurité sont assumées par des bénévoles chaque soir de match. Ils sont une quarantaine à donner de leur temps pour leur club, dans l'ombre.
 

Un seul employé extrasportif

Gabriel est l'un d'entre eux. Pendant la rencontre, il multiplie les allers-retours entre la cuisine, où il prépare les repas pour les VIP et les tartes flambées pour le grand public, et la tribune où ils tentent de profiter de quelques minutes de jeu. "On fait partie du club. Il faut le faire tourner, ce n’est pas toujours facile. C’est pareil partout, on n’a rien sans rien. Mais ça nous convient bien", explique-t-il, pendant qu'il étale la sauce tomate sur la pâte à pizza.

Le BCGO ne compte qu'un seul employé extrasportif. Une exception à ce niveau, mais une ambiance familiale qui explique le succès du club. Il est dirigé depuis 1981 par la même famille, Jean-Claude puis son fils Romuald Roeckel. A la tête d'une entreprise, Alsafix, installée dans le village, ils ont aidé Gries-Oberhoffen à gravir les divisions les unes après les autres.
 

L'entreprise du président, un tremplin pour le BCGO

Des bons joueurs sont venus terminer leur carrière à Gries en échange d'une proposition de reconversion chez Alsafix, des jeunes ambitieux ont choisi d'y faire leurs premières armes, avec la promesse de pouvoir poursuivre leurs études en alternance, dans la boîte du président évidemment. La stratégie a payé. 

Il reste aujourd'hui une quinzaine de ces anciens joueurs dans les différents services de l'entreprise, toujours liés de près ou de loin au club de basket. Certains sont devenus bénévoles à leur tour pour aider la "famille BCGO" à grandir, encore et encore.
 

"Nous devons déjà payer les joueurs, onze cette année contre huit la saison passée, et les déplacements, en bus, en train, ou en avion. Cela coûte beaucoup d'argent, nous ne pouvons pas nous permettre d'embaucher des gens ailleurs pour le moment", explique le président Romuald Roeckel. 

Pour l'heure, le BCGO fonctionne bien ainsi. S'il venait à monter en Pro A, il faudrait sans doute revoir les choses, se professionnaliser davantage. S'adapter, une nouvelle fois. Mais le tout haut niveau n'est pas encore un objectif à Gries. Mieux vaut consolider les aquis et progresser lentement, dit-on à l'intérieur du club. Jouer les play-offs est quoi qu'il en soit une juste récompense pour tous ceux qui oeuvrent dans l'ombre, depuis les années chez les amateurs. 
 
L'ambitieux village de Gries en basket

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