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Guide touristique cherche touristes désespérément

Haut lieu touristique, la Petite-France à Strasbourg, reste déserte / © Marie-Christine Lang
Haut lieu touristique, la Petite-France à Strasbourg, reste déserte / © Marie-Christine Lang

Longtemps classée zone rouge, l'Alsace va avoir bien du mal à se rendre attractive ces prochains mois. Certaines professions touristiques comme les guides-conférenciers sont à l'arrêt total depuis trois mois sans réelle perspective professionnelle.

Par Régine Willhelm

François Muller a longtemps été banquier. Il y a 13 ans, il décide de devenir guide-conférencier, entendez par là, guide touristique assermenté. Son travail consiste à accueillir des groupes de touristes et à les guider quelques heures ou par journée entière, dans Strasbourg mais aussi, à travers toute l'Alsace. Ce n'est pas un hasard s'il nous donne rendez-vous ce jour-là le long du quai des Belges à Strasbourg. C'est là qu'accostent chaque année, été comme hiver, des centaines de bateaux de croisière. De plus en plus de croisiéristes proposent d'ailleurs à leurs passagers des voyages sur le Rhin et font à chaque fois escale dans la capitale de l'Europe. Les passagers sont pris en charge par leurs guides, sur ce fameux quai. Et ce que voulait nous montrer François Muller, ce sont justement ces kilomètres de quai, vides, désespérement vides. Depuis des mois, plus aucun bateau de croisière ne s'arrête à Strasbourg pour déverser ses milliers de touristes étrangers, Américains argentés, Allemands etc...Pourtant, la navigation fluviale était un des grands axes de développement touristique pour Strasbourg ces dernières années. Cette croissance est aujourd'hui stoppée net.

François Muller, un guide touristique, sans touristes / © Marie-Christine Lang
François Muller, un guide touristique, sans touristes / © Marie-Christine Lang

François Muller est donc un guide au chômage. Chaque mois, depuis le début de la crise, il a pu percevoir les 1500 euros versés par l'Etat aux indépendants. Mais le guide strasbourgeois, à la tête d'une micro-entreprise qui ne compte que lui, imagine bien que dispositif ne va pas s'étendre éternellement. Il espère qu'avec l'ouverture des frontières, les touristes allemands qui représentent 90% de sa clientèle reviendront. Mais les indicateurs ne sont pas bons. Il travaille également avec des organismes allemands qui planifient des visites de classes allemandes à Strasbourg. Ces agences n'ont pas donné pour l'heure signe de vie et il sait, via une connaissance vivant en Allemagne, que les écoles allemandes ne planifieront pas de voyages ou d'échanges avec la France avant décembre prochain.

Pour l'heure, François Muller surveille son téléphone. Il a eu une réservation de guidage pour décembre prochain, une autre pour avril 2021. Pas de quoi s'enthousiasmer. Il travaille à la réalisation de circuits alternatifs sur l'Europe, pourquoi pas des circuits en alsacien ou encore une promenade qui raconterait les épidémies qui ont sévi dans la ville de Strasbourg: la peste, l'épidémie de danse et pourquoi pas y inclure l'histoire de la plus récente pandémie, le coronavirus. Le circuit pourrait s'arrêter devant l'hopital civil dont le service de réanimation a été très sollicité au plus dur de la crise en Alsace. Facétieux, François Muller pense commencer cette dernière visite devant  la cathédrale de Strasbourg. "Savez-vous qu'il y a une scupture de Sainte Corona sur l'édifice?", me demande-t-il. Et bien non, je l'ignorais.