Rund Um

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Kaltenhouse : La Crémaillère, institution du samedi soir depuis 65 ans

Nathalie et son comparse Grégory font l'animation une fois par mois à la Crémaillère. / © France 3 Alsace
Nathalie et son comparse Grégory font l'animation une fois par mois à la Crémaillère. / © France 3 Alsace

A Kaltenhouse, le restaurant La Crémaillère fait danser ses clients tous les samedis soir depuis 65 ans. Essor des discothèques oblige, les bals de l’époque sont devenus des soirées dansantes, toujours très prisées. Certains sont fidèles à cette institution familiale depuis plus de trente ans.

Par Noémie Gaschy

Le premier bal a eu lieu le 14 juillet 1953 au restaurant La Crémaillère, qui ne portait pas encore ce nom à l'époque. Un événement comme il en existait alors un peu partout dans les villages alsaciens. Cela a duré près de vingt ans, avec un succès fou : l'établissement de Kaltenhouse accueillait parfois jusqu'à 800 personnes. Puis, l'arrivée des discothèques a petit à petit détourné les jeunes des bals. Le restaurant a alors fait le pari de se lancer dans des dîners dansants au début des années 1970. Formule gagnante : il affiche quasiment complet tous les samedis soir.

Sur la piste, les sourires illuminent les visages à mesure que les titres s'enchaînent. On marche et valse au rythme des souvenirs : "On venait déjà quand on avait 20 ans, confie Danièle. Un jour, mon mari a failli se faire tabasser : un homme était venu m'inviter à danser et j’ai refusé. Ensuite, c’est lui qui m’a cherché, on a dansé ensemble et l’autre a failli le cogner".
 

Le restaurant a fait naître de nombreux couples

Un peu plus loin, Roland se replonge aussi quelques années en arrière : "On venait pour danser et draguer ces jeunes filles, du moins celles qui avaient le droit de sortir parce que ce n’était pas le cas de toutes. J'ai d’abord dû demander la permission à sa maman pour pouvoir faire la connaissance de ma femme".

C'est peut-être ça, la clé du succès de la Crémaillère : avoir su s'adapter, au fil des années, pour continuer à attirer quasiment les mêmes clients depuis le départ. "On connaît déjà la quatrième génération de patrons", tiennent à assurer plusieurs habitués. "La patronne nous dit qu'on fait partie des meubles".

Dire que les soirées prennent ici des airs de grande fête de famille n'est pas exagéré. François Martz, 87 ans, grand-père de la gérante Laëtitia Roussel, s'assoit régulièrement aux milieux des convives pour échanger et trinquer avec eux. Il prépare toujours lui-même la pâte et la crème utilisées pour préparer les tartes flambées, comme pour remercier sa fille Claudine et sa petite-fille de faire durer la belle histoire. 
 

Une institution familiale depuis huit générations

"J'étais partie plusieurs années travailler à l'étranger et sur des bateaux. Il y a huit ans, je suis rentrée pour reprendre l'affaire. Ce n'était absolument pas envisageable d'arrêter. D'ici, à Strasbourg d’un côté, et à Wissembourg de l’autre, nous sommes quasiment les derniers à proposer des dîners dansants et nous devons continuer car nous accueillons une génération qui ne va pas en discothèque et qui fait ici sa sortie de la semaine ou du mois. On poursuit l’aventure avec beaucoup de bonheur", explique Laëtitia Roussel, huitième génération à diriger l'institution familiale.

Le restaurant n'a de toute façon pas intérêt à mettre fin à ces soirées qui lui servent de fer de lance : il réalise la moitié de son chiffre d'affaires hebdomadaire, le samedi soir. Et à observer les étoiles dans les yeux de tous, l'histoire est partie pour durer : "Ici, on déconnecte, on ne pense plus à rien, on est sur une autre planète", lance Mario pendant qu'il fait tourner sa belle.