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Louis-Philippe Kamm, le “maître de Drachenbronn”

Marc Strasser, habitant de Drachenbronn et collectionneur de toiles de Louis-Philippe Kamm
Marc Strasser, habitant de Drachenbronn et collectionneur de toiles de Louis-Philippe Kamm

Il fait partie de ces peintres régionaux oubliés des musées et pourtant, Louis-Philippe Kamm a laissé une œuvre abondante. Décédé en 1959, ce peintre réaliste était appelé le « maître de Drachenbronn ». Une rétrospective lui rend hommage.

 

Par Régine Willhelm

Du 12 au 20 octobre, la ville de Wissembourg va rendre hommage à un peintre bien connu dans ce coin d'Alsace. Le grand-père de Louis-Philippe Kamm était wissembourgeois et Louis-Philippe lui-même venait régulièrement y rendre visite à ses amis ou répondre à des commandes pour des affiches publicitaires, comme celle destinée aux fêtes hippiques de la Pentecôte.
Au départ, Louis Philippe est un gars de la ville. Il a vécu et travaillé une grande partie de sa vie à Strasbourg.
Né le 11 avril 1882 à Strasbourg, il suit dès l'âge de 15 ans, des cours de dessin à l'école municipale des Arts décoratifs nouvellement créée. En 1901, il se rend à Munich à l'Académie royale de peinture avant d'aller perfectionner son art à Paris entre 1911 et 1912.
En 1912, il participe à l'illustration du livre "Der elsässische Garten", aux côtés d'autres artistes régionaux comme Charles Spindler et Leo Schnug. Il collabore également à la célèbre "Revue alsacienne illustrée".
Après la Première guerre mondiale, il revient à Strasbourg en 1919 et adhère au "Groupe de mai", un groupe d'artistes qui se réclame de l'impressionnisme et notamment de Cézanne. Pourtant, Kamm s'adonnera moins aux paysages qu'à la reproduction hyper-réaliste de visages et de scènes rurales.
Toute sa vie, Louis-Philippe Kamm a occupé la maison de vacances de sa famille à Drachenbronn. Il y a très vite installé son atelier.
 
Le dragon de Drachenbronn peint par Louis-Philippe Kamm sur le mur de la salle de classe du village
Le dragon de Drachenbronn peint par Louis-Philippe Kamm sur le mur de la salle de classe du village

C'est là, qu'il a noué des amitiés qui donnent à ses toiles une très grande humanité. Portraits de paysans au bistrot, de femmes aux champs, de jeune mère en costume traditionnel penchée sur le berceau. Kamm est devenu le protraitiste de l'Alsace du nord. D'abord à Drachenbronn puis Seebach ou Schleithal. Il sillonnait la région, proposait ses services. De nombreuses familles de l'Outre-Forêt ont un aïeul qui a servi de modèle au "maître de Drachenbronn". Des peintures qui, de mémoire d'habitant, demandaient des heures de pose au modèle choisi.
L'affection de Louis-Philippe Kamm se porte tout particulièrement sur le monde paysan, ses hommes et femmes au travail. 
En 1955, celui qu'on appelait également "le peintre des paysans", réalise deux fresques géantes dans l'école primaire de Drachenbronn fraichement inaugurée, en témoignage de sa tendresse pour le village.
 
De magnifiques portraits de paysans endimanchés
De magnifiques portraits de paysans endimanchés

Le 16 juin 1959, Louis-Philippe Kamm décède à son domicile strasbourgeois situé alors au 11 quai des Bâteliers.
Des rétrospectives, peu nombreuses, ont eu lieu à Strasbourg et en 1995 à Haguenau.
A compter du 12 octobre, Wissembourg lui consacre donc une grande exposition. 150 toiles de Kamm seront présentées dans l'Hotel de ville. Elles sont toutes issues de collections privées ce qui rend cette exposition d'autant plus intéressante.

 



 

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