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Mariages reportés pour cause de Covid-19, quelles conséquences économiques ?

En France, les 230.000 mariages célébrés chaque année représentent une économie de 3,5 milliards d'euros. A cause du confinement, de nombreux couples ont dû reporter leur union. Certains prestataires, en Alsace, accusent une baisse de chiffre d'affaires allant jusqu'à 80%.
 

Par Carine Feix

« Nous avions tout préparé bien à l’avance. Mais il a fallu tout réorganiser en une demi-heure ! » Carole Freyermuth et Nino Ruscigno devaient se marier en août. Ce sera finalement l’année prochaine. Le couple voit les choses en grand, puisqu’il compte 500 invités à la noce...Venant d’Italie, du Brésil et d’Argentine pour certains. Chez leur traiteur, à Drusenheim, les futurs mariés racontent qu’ils ont eu de la chance de pouvoir réserver la même salle, à la même période, en 2021. Pour ce qui est du menu, il sera très varié, pour que chaque invité y trouve son compte.

Leur traiteur, Thomas Riehl de la Maison Schwoob, accuse de lourdes pertes face au confinement. Une soixantaine de mariages ont dû être reportés entre mars et mai, et ceux de cet été se tiendront dans des conditions particulières et incertaines. « Nous avons perdu 70% de notre chiffre d’affaires, en comptant également les baptêmes et communions reportés. » En cuisine, l’activité reprend doucement. Mais pour l’avenir, Thomas Riehl se montre un peu inquiet : l’an prochain, il faudra satisfaire les mariés de 2020, ainsi que ceux de 2021... il risque d’y avoir embouteillage ! Mieux vaut, pour les futurs époux, s’y prendre bien à temps pour planifier (ce qu’on dit être) « le plus beau jour de leur vie ».

De l’anticipation !

De l’anticipation, il faut aussi en faire preuve pour choisir sa robe de mariée. « Il y a entre 8 et 12 mois d’attente » d’après Patricia Michel, gérante de la boutique Thierry Michel Couture, à Marlenheim. Elle dit n’avoir pas trop souffert de la crise sanitaire pour ce qui est des robes, puisque de nombreuses commandes avaient déjà été réglées. En revanche, pour ce qui est du prêt-à-porter, autre rayon de sa boutique, le chiffre d’affaires est quasiment nul. Quant aux essayages, ils ont pu reprendre, avec des masques - et sans possibilité pour la demoiselle d’être accompagnée. Ce jour-là, Julie Reb, cliente, se prête au jeu pour notre équipe. Elle revêt la robe style sirène, puis style princesse... les tendances du moment. Elle et son futur époux devaient se marier en mai, et ont pu décaler la cérémonie au mois de septembre. « On a vraiment eu de la chance », dit-elle.

Une saison ratée

Garder le sourire, même si les temps sont durs... A Willgottheim, Sylvie Acker arpente les rayons du petit magasin de vente et location de matériel de fêtes qu’elle gère depuis 30 ans dans son immense garage aménagé : « La Maison de l’Usage Unique ». Elle confie avoir perdu 80% de son chiffre d’affaires. Une saison des mariages, baptêmes et fêtes d’entreprises totalement ratée. « Et on ne sait pas si les traditionnelles fêtes de fin d’année pourront se tenir normalement. » Sylvie Acker emploie 3 salariés, qu’elle espère pouvoir garder. Alors, durant le confinement, elle a tenté de sauver les meubles en fournissant des nappes pour fabriquer des surblouses à des infirmières. La débrouille. Quant aux clients qui ont dû reporter leur mariage, elle espère les retrouver l’année prochaine. Et mise pour cela sur son point fort : le conseil. A bon entendeur...