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Redyblack : une nouvelle vache dans le paysage alsacien

Un veau redyblack né sur l'exploitation de Pierre Klein à Avenheim / © Emmanuelle Gambette
Un veau redyblack né sur l'exploitation de Pierre Klein à Avenheim / © Emmanuelle Gambette

Savez-vous ce qu'est une redyblack? C'est un nom de vache, une nouvelle race qui a fait son apparition dans la région. Croisement entre une angus et une simmental américaine, elle est rustique, sympathique et surtout, elle est pleine de promesses gustatives. 

Par Régine Willhelm

Le veau noir charbon détonne dans l’étable de Pierre Klein où toutes les vaches sont blanches. A côté de ses charolaises, il a vu naître ces dernières semaines des veaux noirs ou rouges issus d’un croisement inédit. Ces veaux sont le résultat de sélections génétiques menées depuis 10 ans. « Ce sont des redyblack, nous explique l’agriculteur d’Avenheim, un croisement entre des angus et des simmenthal américaines. Elles sont plus petites que les charolaises mais plus musclées dans le train arrière, là où sont les bons morceaux ».

A 60 ans, Pierre Klein ne pensait pas qu’il allait faire un jour une infidélité à ses vaches fétiches, les charolaises, connues pour la bonne qualité de leur viande. Poussé par son fils, exploitant agricole comme lui, il s’est lancé dans l’aventure. La redyblack présente en effet de nombreux avantages. Les vaches mettent bas plus facilement. Le veau plus vif se met sur pieds rapidement et allaite sans difficultés. Surtout, cette race ne se nourrit que d’herbe et n’a pas besoin de compléments comme le maïs ensilé pour faire du gras. Au lieu de trois ans pour un charolais, la redyblack arrive à maturité en deux ans, ce qui permet à l’éleveur de rentrer plus rapidement dans ses frais.

Les arguments en faveur de cette nouvelle race à viande sont nombreux. Mais son implantation en Alsace n’en est encore qu’au stade expérimental. La redyblack n’a été officiellement reconnue qu’en novembre dernier par les organismes en charge de la gestion des races françaises. « Il n’y a pas eu de nouvelle race homologuée en France depuis 40 ans, précise Maxime Schmitt, technicien en charge du suivi de la redyblack. La France a toujours privilégié un nombre restreint de races pures comme le charolais, la montbéliarde...Elle n'aime pas les mélanges qui sont très pratiqués dans les élevages anglo-saxons. Ces mélanges apportent pourtant de la robustesse à la race et permettent également de sélectionner des éléments de génétique intéressants". La redyblack a également hérité d'un trait caractéristique des angus, elle n'a pas de cornes. L'angus est la seule race au monde à ne pas en avoir. Dans les élévages, cette particularité permet d'éviter les blessures aux bêtes qui se chamaillent mais sécurise également l'éleveur par rapport à d'éventuels coups de corne.

"Nous cherchions une race qui allait nous permettre de répondre à une demande de niche. De plus en plus de consommateurs recherchent des viandes de très grande qualité, des viandes de luxe comme l'angus. Fixer la redyblack en France permettra aussi de réduire les importations de viande en provenance des Etats-Unis ou d'Amérique du Sud, grands producteurs de viande angus", abonde Maxime Schmitt. 

Pour l'heure, seuls quatre éleveurs alsaciens se sont lancés dans l'aventure. La viande ne se distribue encore que dans un circuit très confidentiel. Persillée, maturée, elle est parait-il excellente. L'éleveur Pierre Klein, passionné par ses vaches, espère bien quant à lui pouvoir un jour emmener une redyblack au salon de l'agriculture à Paris.