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Stéphane Beiner, boucher à Hatten, lance un marché clé en main aux communes qui le souhaitent

Stéphane Beiner, boucher à Hatten, a lancé plusieurs marchés dans le nord de l'Alsace. / © Thierry Sitter
Stéphane Beiner, boucher à Hatten, a lancé plusieurs marchés dans le nord de l'Alsace. / © Thierry Sitter

Dans le nord de l'Alsace, plusieurs marchés ont vu le jour récemment : d'abord à Hatten, puis à Kesseldorf et plus récemment, à Seltz. A l'origine de ces marchés : Stéphane Beiner, boucher à Hatten. Il s'est associé avec d'autres commerçants et propose ainsi un marché clé en main aux communes.

Par Muriel Kaiser

"C'est super, on trouve de tout ici ! De la viande, des légumes, du fromage...". Vincentine Fischer se balade au marché de Seltz. La cliente est venue de Lauterbourg pour faire ses courses spécialement sur ce marché. "J'apprécie de rencontrer des gens, on voit nos voisins, c'est appréciable", estime quant à lui Francis Schoefolt, habitant de Seltz. Si les clients se montrent aussi enthousiastes, c'est parce que le marché vient tout juste de voir le jour. 
 
Seuls quelques commerçants composent le marché de Seltz, selon la volonté de Stéphane Beiner, qui "préfère la qualité à la quantité". / © Thierry Sitter
Seuls quelques commerçants composent le marché de Seltz, selon la volonté de Stéphane Beiner, qui "préfère la qualité à la quantité". / © Thierry Sitter

A Seltz, le marché est petit, seuls quelques commerçants vendent leurs produits. Et pour cause : ces commerçants, Stéphane Beiner les a choisis. Ancien ambulancier, il a fait une reconversion professionnelle il y a trois ans pour devenir boucher. Depuis, il lui tient à coeur de proposer de la qualité à ses clients. Alors il leur a demandé chez quels producteurs ils ont l'habitude de faire leurs achats, et contacté ces derniers. A présent, c'est un marché clé en main que propose Stéphane Beiner.

"C'est simple, les communes m'appellent si elles sont intéressées. Soit nous venons tous, soit personne ne vient. En tout cas, pas question que quelqu'un d'autre s'ajoute à notre marché car nous tenons à rester un marché qualitatif plus que quantitatif", explique le boucher. La commune de Seltz s'est rapidement manifestée. Le maire, Jean-Luc Ball, a senti la tendance du local et en a même fait un argument politique. "L'instauration d'un marché dans la commune était une promesse de campagne", explique-t-il. "C'est important que les habitants puissent se retrouver ici et acheter local et frais", poursuit le maire.
 
Sur le marché de Seltz, beaucoup d'habitants de la commune, mais aussi des clients qui viennent de plus loin et qui recherchent la qualité du produit. / © Thierry Sitter
Sur le marché de Seltz, beaucoup d'habitants de la commune, mais aussi des clients qui viennent de plus loin et qui recherchent la qualité du produit. / © Thierry Sitter

L'idée de créer des marchés est venue pendant le confinement. "Alors que je continuais de livrer mes clients, plusieurs d'entre eux ont commencé à me parler d'un marché lorsque le confinement serait terminé", explique Stéphane Beiner. L'idée a germé et en deux semaines, le permier marché a vu le jour, à Hatten. A présent, les marchés fonctionnent très bien et représentent 80% du chiffre d'affaires de la boucherie. 

L'éthique de travail de Stéphane Beiner se retrouve aussi chez lui, à Hatten. En effet, il a développé un partenariat avec des producteur laitiers tout près de chez lui pour qu'ils élèvent des Aubrac, une race bovine réputée pour la qualité de sa viande. Parmi ces producteurs, son voisin, Jacky Amann : "Stéphane venait toujours chercher le lait chez moi. Un jour, il m'a demandé si cela me tentait d'élever des Aubrac. Je n'y connaissais pas grand chose en élevage alors je me suis renseigné, et ensemble, on a pris la décision de se lancer", explique-t-il, tout sourire. "Depuis, c'est un plaisir de voir ces bêtes gambader dans le pré. Certains voisins m'ont même envoyé des messages en disant qu'ils appréciaient la vue des Aubrac depuis chez eux !"
 
Stéphane Beiner travaille avec des éleveurs locaux. Ainsi, depuis chez lui, il voit les Aubrac de son voisin et partenaire. / © Thierry Sitter
Stéphane Beiner travaille avec des éleveurs locaux. Ainsi, depuis chez lui, il voit les Aubrac de son voisin et partenaire. / © Thierry Sitter

Stéphane Beiner espère pouvoir travailler toujours plus localement. Son souhait est aussi de développer les marchés. Si son marché clé en main a d'ores et déjà séduit trois communes, il est déjà en négociation avec deux nouvelles communes, dans l'optique d'y installer un marché hebdomadaire.