Haut-Rhin : lynx tué par balle dans les Vosges, ouverture d'une enquête judiciaire

Le lynx retrouvé mort dans la forêt de Fellering, jeudi 16 janvier, a été abattu par arme à feu. Alsace Nature s'insurge contre cet acte de braconnage, puisque c'est une espèce protégée, au bord de l'extinction en France. Une enquête judicaire a été ouverte.
Un lynx boréal, espèce protégée, a été tué dans le massif vosgien où sa population est réduite à quelques individus
Un lynx boréal, espèce protégée, a été tué dans le massif vosgien où sa population est réduite à quelques individus © Philippe Clément, Maxppp
C'est par arme à feu qu'a été tué le lynx retrouvé mort, le jeudi 16 janvier, au sein du Parc régional du Ballon d'Alsace, sur la commune de Fellering. Les agents de l'Office Français de Biodiversité (OFB) se sont rendus sur place pour récupérer le cadavre, qu'ils ont remis ensuite au laboratoire vétérinaire départemental. "A l’autopsie, une mort par balle a pu être mise en évidence. Des actes de braconnage, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, hélas. C’est à nous de faire le maximum pour essayer de retrouver la personne à l’origine de cette destruction", explique Sébastien Mutel de l'OFB. 
 
Le cadavre du lynx abattu a été autopsié au laboratoire vétérinaire départemental de Colmar
Le cadavre du lynx abattu a été autopsié au laboratoire vétérinaire départemental de Colmar © Bernard Stemmer, France 3 alsace


Une espèce protégée 

Un acte d'autant plus grave que le lynx, espèce protégée, est au bord de l'extinction sur le territoire français. La population se résume, dans le massif vosgien, à quelques individus, cinq ou six, au maximum. "La protection du lynx fait partie des priorités pour l’Office. Il fait d'ailleurs l’objet d’un plan régional d’action pour sa sauvegarde depuis quelques années", rappelle Sébastien Mutel.
 
  

Faut-il réintroduire des individus ?

Malgré les mesures de protection et sa réintroduction en 1983, des spécimens sont régulièrement abattus, comme celui retrouvé dans la vallée de Masevaux en 2004. L'association de protection de l'environnement, Alsace Nature, demande à ce que cet acte soit compensé par un lâcher, comme cela se pratique régulièrement en Allemagne, dans le Palatinat. Ici, 17 individus ont été introduits ces dernières années. La France, elle, n'a plus réalisé de lâchers depuis plusieurs décennies. "Il faut répondre par un lâcher, il faut répondre que ce ne sont pas les fusils qui auront le dernier mot et que l’intérêt général de la présence de cette espèce dépasse largement l’intérêt privé de l’un ou l’autre qui estime que ça vient manger son chevreuil", affirme Stéphane Géraud, directeur d'Alsace Nature. 
 


Les chasseurs se sentent visés

Du côté des chasseurs, la condamnation de l'acte est sans appel, avec quelques nuances cependant : "Evidemment nous, fédération, condamnons ce genre d’acte. Par contre, il n’est pas question de se soumettre au diktat d’Alsace Nature qui veut qu’on se porte partie civile. Je ne suis pas sûr que ce soit un chasseur, l’immense majorité des chasseurs en Alsace étant légaliste et respectueux des réglementations. Quand en plus il s’agit d’un animal protégé, la question ne se pose même pas", réagit gilles kaszuk, le président de la fédération des chasseurs du Haut-Rhin.
 


Une peine lourde

L'auteur du coup de feu risque gros : trois ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende. "Une enquête judiciaire a été ouverte. L’autopsie a démontré qu’il était mort d’une balle dans la tête. C’est un acte de braconnage grave commis contre une espèce protégée, dans une réserve naturelle, constituant une infraction pénale réprimé par un article du code de l’environnement ", explique  Edwige Roux-Morizot, procureure de la République de Mulhouse. 
 
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